22.02.2010

Fin octobre. Fin novembre. Place Saint Georges.

Automne-1.jpgPar Madame

Il faisait tellement chaud hier encore que nous nous sommes baignés dans la piscine, chez les parents de D.
Le sud-ouest, j'y retourne pour me baigner et revoir deux vieux amis.

Il y a 11 ans que j'ai rêvé de lui, il m'apprenait à skier, me tenait la main pour me guider, m'avait embrassée. Très troublée, j'ai évité de lui parler pendant quelques jours. L'été d'après, nous étions partis à plusieurs faire du camping, j'avais vu dans son regard quelque chose de brillant, de doux, d'attractif. Il m'avait manqué.

Il y a 10 ans maintenant que nous nous sommes revus, juste pour une semaine, juste pour un ciné, juste pour un café, jute pour m'embrasser. Je l'avais un peu aimé.

Il y a 8 ans, j'ai rencontré M. L'amitié profonde qui nous lie a démarré par un coup de foudre, une révélation. C'est mon double et mon âme soeur. Et c'est l'ami de D. Notre amour platonique le restera à jamais.

Les voilà tous les deux en face de moi. Place Saint Georges, on mange encore dehors, il fait bon. Nous nous sommes baignés hier dans la piscine des parents de D. Il a joué à me faire couler, comme un gosse. Il a des non-attentions qui en disent long. Je joue à ne pas le provoquer. Je cache un peu mon corps et je hurle quand il m'éclabousse. Nous nous aimons toujours un peu.

M. ne sait rien M. ne voit rien. Peut être que si j'avais connu M, au sens de la Bible, peut être que tout serait plus simple, peut être que nous serions amoureux fous et que plus rien ne compterait. M, c'est une histoire forte, nous avons l'âme soeur, qu'il soit célibataire ou non, nous le savons.
Il ne commence pas à fumer parce qu'il a peur de devenir dépendant à la première cigarette. Pour la même raison nous ne nous sommes jamais embrassés.

D. ne sait rien, ne voit rien. Je ne l'aimerais pas si nous n'avions pas goûté aux fruits du péché. Mais là, je l'aime un peu, et son regard glisse sur moi.

Le trio s'équilibre comme il peut.
Je les aime tous les 2.

Le repas fini, je les quitte, je rentre dans ma ville lointaine, je reviens à mon mariage, je retourne vers ma vie. Les garçons repoussent leur chaises et vont au cinéma ensemble. Je les embrasse, je m'en vais un peu et je reviens sur mes pas pour prendre une dernière photographie.

Ces garçons sont ma poésie, mon jardin, ma jeunesse.

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