29.04.2010

L'APPEL (How I Feel Today?)

Robert Lubanski (M1).jpgPar Xavier


Cela faisait quelques jours qu'elle l'avait sentit arriver. Chaque année, depuis sa puberté, c’était la même chose. L’appel… Elle avait brusquement quitté la terrasse du bar où elle profitait de la douce chaleur de cette fin de soirée d’été, laissant machinalement un billet sur la petite table ronde. Le serveur allait y gagner un joli pourboire, mais l’idée d’attendre la monnaie ne l’avait pas effleuré un instant. Elle avait rapidement regagné son appartement, jeté quelques affaires dans sa valise et avait saisi son bel ensemble blanc dans l’armoire de la chambre. D’instinct, elles revêtaient toutes leur tenue la plus sexy. Il fallait se démarquer, et séduire…


L’impatience la gagnait, et le tempo des talons aiguilles claquant sur les pavés augmenta légèrement. Les claquements secs et le son continu des roulettes de sa valise formaient une sorte de rythme militaire qui emplissait sa tête, vide de toute autre pensée que le but de sa marche, comme tout soldat avançant inexorablement vers le champ de bataille. Bientôt, une autre percussionniste, froide et maquillée, viendrai se joindre à sa partition, puis une autre encore, jusqu’à ce que cette petite musique se transforme en symphonie pour talons et roulettes aux abords du point d’arrivée. Mais pour l’instant elle ne captait la présence d’aucune rivale dans les parages. Un instant, elle sortit de son état hypnotique et jeta un coup d’œil aux personnes qui flânaient, s’arrêtant parfois pour admirer les jolies vitrines des magasins chics de la rue, indifférents à l’urgence qui avait soudainement saisi tout son être. Ils n’étaient pas comme elle, et elle les envia brièvement avant que l’appel ne vienne reprendre le contrôle de ses pensées.


Souvent, il y avait du sang, des morsures, des coups… la frustration pouvait engendrer une violence incroyable chez des personnes qui n’auraient en temps normal pas fait de mal à une mouche. Et des larmes, bien sur… mais cette fois, elle serait choisie, elle en était sure… Le tempo des talons aiguille augmenta encore légèrement…

Commentaires

Le texte décrit très bien son incroyable solitude !

Écrit par : M1 | 30.04.2010

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On sent sa course et son "aimantation".

Écrit par : Izzie | 02.05.2010

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