27.05.2010

L'absence, dit-il


Le poids de l’absence, un trou en forme d’arbre, un arbre fait de larmes qui ne couleront pas, parce qu’il les enferme à double tour dans sa gorge. Il ne criera pas, ne dira rien. Il veut le désespoir comme un silence épais, loin des bruits et des fureurs, loin des mots. Surtout loin, le plus possible loin des phrases, des explications, des questions, des éclats de voix. Des mensonges.
Qui n’en sont pas et comment le savoir ? Comment savoir où est la vérité, lorsque la chose nue et fragile de la confiance est perdue ?

Insaisissable, l’absence. Une ombre étirée en demi teintes ; des éclairs de lucidité ; une chevelure rouge qui tombe sur le nez, cachant le visage, et le regard d‘eau derrière les mèches mouvantes. Le reste, flou. Brumeux.

Le reste comme un poids mort, comme une pelisse de douleur confuse, diffuse ; comme une charge dont il ne parvient pas a se débarrasser. Et pourtant, le veut-il ! Pourtant, le crie-t-il de toute la force de son silence, nuit et jour, jour et nuit. Pourtant croit-il faire tout et plus encore pour fuir l’esseulement de l’absence, et s’embarrasse-t-il de gens autour de lui, figurants d’un mauvais film qui ne savent pas leur rôle, choristes sans partitions, tragédiens sans masques..

L’absence, dit-il..

Il laisse la phrase en suspens, regarde une dernière fois la théière, se souvient de la main bronzée, rapide, qui tenait le stylo.

Et s’en retourne vers la maison d’un pas pesant.

Commentaires

Tu as remordu au jeu ! Je suis très heureuse de te revoir là. Et encore avec un texte dense : tu donnes de la densité à l'absence... troublant et beau.

Écrit par : Madame Kévin | 03.06.2010

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Un texte sur l'absence mais plein d'une présence, dans les mots, dans les tournures. J'adhère !

Écrit par : Lizly | 17.06.2010

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