15.06.2010

La douzième relique de Manon

Par Manon Styx

Jeu n°4 (Thé Citron).jpgManon assise à la table, sur la terrasse privative de sa chambre d’hôtel, fut étonnée quand le pharmacien lui tendit un stylo et une feuille.
« Tu comprends bien que ta conduite est répréhensible, n’est-ce pas Alexandra ? Tu vas donc copier des lignes, une page entière. Tu écriras la phrase suivante : je suis une très vilaine fille et je dois me faire mater. Et magne-toi, tu me rejoins dans la chambre dès que tu as fini, j’ai d’autres joujoux très spéciaux qui t’attendent. »
La jeune femme acquiesça innocemment puis sourit dès que cet empaffé de pharmacien lui tourna le dos. Cet homme était apparemment un gros pervers, elle ne l’avait pas soupçonné quand elle l’avait vu la première fois à la pharmacie. C’était le jour précédent, Manon furetait dans le magasin puis avait discrètement fourré des médicaments dans ses poches. Elle les aurait bien payés mais le soucis était l’ordonnance qu’elle n’aurait jamais pu obtenir. Et cet empaffé de pharmacien l’avait grillée. Mais Œil-de-Globule (ses yeux étaient hideusement globuleux) n’avait pas appelé les flics, il avait préféré l’entraîner dans l’arrière boutique pour lui faire la morale et lui proposer une autre solution à l’amiable : le retrouver le lendemain dans un hôtel charmant en dehors de la ville. Manon ne se fit par prier et accepta immédiatement.
Et maintenant, elle était là, avec cet abruti qui n’avait surement prévenu personne de sa présence ici et surtout pas sa femme. Œil-de-Globule était en position de force, ça serait plus facile. Il avait son nom, son prénom, son âge et son adresse, grâce à la fausse carte d’identité de Manon qu’il avait absolument voulu voir, histoire de lui mettre encore plus la pression en cas de refus. Il pensait pouvoir la dénoncer à tout moment à la police. Il ne s’attendrait donc d’autant plus à rien. Manon était la vilaine, pas lui.
La jeune femme écrivit jusqu’à ce que la page soit entièrement noircie, puis se leva pour rejoindre le Œil-de-Globule dans la chambre. Il avait sortit tout un tas d’accessoires d’une mallette noire, les menottes étant les moins glauques du lot. Manon s’approcha et lui tendit la feuille. Le visage d’Œil-de-Globule se déforma de colère.
« Quoi ? Je vais te découper en rondelles et c’est pas une image ? Je crois que t’as pas bien compris petite put… »
Tout se passa très rapidement, Manon lui enfonça le stylo-plume dans le cou. Le sang qui jaillit l’éclaboussa un peu. Chiant le sang, pas moyen de sortir d’un meurtre sans être salie. La vue était sympa mais en avoir sur soi rallongeait la phase de nettoyage d’après truicidage. Œil-de-Globule poussa un cri bref puis tituba et s’écroula sur le lit, inerte mais ses yeux grands ouverts fixés sur la jeune femme.
« Bien, Œil-de-Globule, tu sais au moins faire une chose bien : tomber comme il faut sur le lit, tu dois être lourd sale empaffé, j’aurais pas aimé devoir te porter. Bon tu dois essayer de bouger mais tu ne peux pas, tu es paralysé. A la base j’avais prévu une seringue pour t’injecter le médoc mais tu m’as simplifié la tache avec ton stylo, j’ai mélangé l’encre avec et hop, plus facile à manier sans que tu t’affoles. Tu es pharmacien, tu dois savoir qu’il faut très peu de ce produit pour un bon résultat. Si je te laisse comme ça, tu vas crever dans environ une heure, jusqu’à ce que tous tes membres soient paralysés puis enfin ton cœur, qui va s’arrêter. Mais ça serait bête de te laisser comme ça, je vais plutôt faire ce que j’ai écrit, te découper un peu. Tu sais Œil-de-Globule, tu as oublié la règle n°1 des tarés : quand tu t’attaques à une personne, assure-toi d’abord qu’elle est moins cinglée que toi. Ça sera douloureux je te préviens, mais t’inquiète, tu ne pourras pas crier. »
Manon sourit en imaginant la panique intérieure d’Œil-de-Globule. Elle partit prendre ses accessoires à elle, dont un long couteau de boucher et un puissant sécateur pour les os. Et elle fit des tranches avec ses mollets et ses bras, qu’elle essaya de couper le plus fin possible, pour le côté esthétique. Quelques coups de lacération dans le ventre, juste pour le fun. Œil-de-Globule ne bougea jamais, ne cilla même pas, le seul mouvement fut celui des ses larmes coulant sur ses tempes.
Au bout de 20min, Manon, rassasiée, lui trancha l’artère fémorale. Il avait assez douillé et elle était humaine après tout. Enfin presque.
Elle nettoya tout derrière elle, changea de perruque, de vêtements, puis sortit en serrant fort dans sa poche le stylo-plume essuyé, des frissons agréables d’émotion lui chatouillant la nuque. Quel bel objet… Elle le mettrait dans sa pièce secrète de reliques. Le stylo-plume serait la douzième, et une des plus originales.

Commentaires

Sacrée Manon !
un texte qui surprend : )

Écrit par : M1 | 16.06.2010

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"Je veux une histoire bien, avec des personnages et tout, mais que ce soit un peu gore, comme mon t-shirt vous voyez, mais quand même bien écrit, mais pas pour les mômes, gore violent avec du sang, mais des personnages et une vraie histoire" que m'a demandé un élève tout à l'heure sans reprendre sa respiration et arborant un t-shirt d'Iron Maiden sur lequel Eddy décervelait un cadavre.

Je vais lui filer l'adresse de ton blog. Lol

Allez, blague à part, la première lecture est violente mais qu'est-ce que c'est bien écrit !

Écrit par : Lizly | 17.06.2010

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Ton commentaire m'a bien fait rigoler ^^ Merci en tout cas. Oui c'est sûr que ce texte tranche (j'aime bien ce mot... :D) un peu avec les autres. C'est la faute de cette folle de Manon, elle sait pas faire dans la dentelle !

Écrit par : Manon Styx | 18.06.2010

"Elle était humaine après tout"... Il y a vraiment des perles dans ton texte.

Écrit par : Madame Kévin | 20.06.2010

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Il est juste génial ton texte ! Pinaise, j'adore !



Je vais avoir peur de mon style plume maintenant... Merci ;)

Écrit par : Thé Citron | 27.06.2010

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