06.11.2010
Visions
Par Amarine
J'aime marcher pieds nus. J'ai besoin de sentir la chaleur monter du plancher chauffant le long de mes jambes découvertes. Tout comme j'ai besoin sentir le froid de la vitre sous mes mains, contre ma bouche, mon nez... Sensible.
Je goûte le silence – toujours paisible – d'une journée neigeuse, et j'imagine la forme de chaque flocon qui tombe, unique, fractal... Parfait.
J'imagine les gens dehors, tout en bas : la nounou qui va au parc avec des enfants pas à elle. Propres. L'un d'eux lui lâche la main et traverse la rue. Fatal.
Le taxi qui grille le feu rouge et croise un vélo. Classique.
J'imagine tous ces gens qui vont à la messe. Et l'église qui s'effondre. Démoniaque.
J'imagine aussi les gens qui travaillent dans les tours, là-bas. Ternes. Et cet avion qui passe au travers...
Je sais qu'il faudrait que j'arrête de « voir » la mort des gens. Mais j'ai besoin de cette greffe de cornée. Vite.
18:42 Publié dans Jeu n°5 | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note






Commentaires
Écrit par : SushieSan | 06.11.2010
Répondre à ce commentaireCa a l'air de pas y toucher et pourtant...
Bravo!
Écrit par : val | 06.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Anne-Laure | 06.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Amarine | 07.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Izzie | 07.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : poulopot | 08.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : CecilB2000 | 09.11.2010
Répondre à ce commentaireLe 1er lecteur de ce petit texte m'a dit, texto, "t'es tarée, ma chérie"... Du coup je me suis dit que je pouvais le proposer :D
Écrit par : Amarine | 10.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Livvy | 10.11.2010
Répondre à ce commentaireC'est probablement le caractère bleuté et ouaté de ce dessin qui m'a inspiré cette idée de cécité...
mais c'est marrant, le traitement que l'on en fait est finalement assez différent : tu es plus dans les sentiments durables (culpabilité de l'un, tristesse de l'autre) et moi dans le ressenti immédiat (sensibilité, colère).
J'aime bien ton texte ;)
Écrit par : Amarine | 11.11.2010
J'aime le tien aussi, je me rends compte que je ne l'avais même pas dit... oups.
J'y ai en effet pensé, je me suis dit que ton personnage pouvait être le mien quelques mois après l'accident et que peu à peu, même si le chagrin est toujours présent, la hargne disparaît.
L'idée de la cécité m'est venue tout simplement parce que je me suis dit "elle regarde par la fenêtre... mouais, et si elle ne regardait pas ?", tout simplement. :-)
Écrit par : Livvy | 11.11.2010
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