24.11.2010

Out of the blue

Par Fanny

Marlène jeu n°5.jpgElle frissonne en regardant les flocons tourbillonner dans l'air glacé de novembre. Il est cinq heures de l'après midi,  dehors il fait déjà nuit et dans sa tête c'est le big bazar. Elle aimerait tellement avoir l'illumination, le truc qui fait tilt comme dans les BD : "Eureka, j'ai trouvé la formule magique !" Mais non, c'est loin d'être le cas. Elle regrette tout ce temps perdu à mater des conneries sur internet. Si elle avait bossé ses cours à la place, elle n'en serait pas là aujourd'hui, plantée devant sa fenêtre à regarder la neige tomber en rêvant d'ailleurs, d'être n'importe où sauf ici...

Pourtant, tôt ou tard il va bien falloir qu'elle s'y mette, elle sait qu'elle ne pourra pas se défiler longtemps si elle veut encore se regarder en face sans avoir honte. Oui, mais... Ah des "oui mais" il y en a eu des tonnes ces derniers temps. Remettre à plus tard, sa grande spécialité. "Quand ma vie va t'elle enfin commencer ?", soupire t-elle devant sa fenêtre.
Elle ne sait plus quoi faire, attendre encore, mais quoi, le déluge ? Elle aimerait entrer en hibernation et se réveiller fraîche comme Lova Moore dans la rosée du printemps et surtout avec la certitude d'avoir trouver sa place sur cette terre. Mais sa fierté mal placée l'empêche d'avancer, sa peur de l'échec la paralyse. Et l'opinion des autres, n'en parlons pas. Elle a l'impression d'être dans une impasse, un no man's land. Comment pourrait-elle seulement imaginer se jeter à l'eau par cette sinistre soirée d'hiver... Et puis d'un coup d'un seul, le déclic, "Allez ce soir je me lance, it's now or never, advienne que pourra." Après un dernier coup d'oeil à l'hiver qui s'installe, elle s'assoit à sa table et commence à écrire. Après tout, se dit-elle, si Marc Lévy est écrivain, pourquoi pas elle ? Pour la première fois de sa vie, elle décide de se faire confiance, peu importe le résultat. Et puis, il y aussi Guillaume Musso...

Commentaires

Merci d'avoir mit des mots sur ce que je ressens: moi aussi, j'ai perdu trop de temps à regarder par la fenêtre à attendre qui sait quoi, comme si la réponse se trouvait de l'autre côté de la vitre, alors qu'il faut la trouver au fond de soi.

Écrit par : patou | 25.11.2010

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Toujours oser pour ne rien regretter! "fraîche comme Lova Moore", j'ai des doutes quand même! ;)

Écrit par : Izzie | 28.11.2010

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j'aime bcp le mélange spleen/humour : le fumier de nos vies arrosé d'un peu d'auto-dérision(l'arrivée de Lova !), ça ne peux que germer !

Écrit par : monsieurnormal | 31.12.2010

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Bridée depuis si longtemps, sa plume cavale sur la feuille blanche. Elle entend la grattement du métal sur le papier. Elle a du mal à suivre le déferlement des idées qui la submerge. Elle noircit les feuilles . Elle écrit partout, dans tous les sens, des crochets à gauche, des flèches à droite. Une feuille, il lui faut encore une feuille. Elle fouille, s'énerve. Les magasins sont fermés. " Où est-il mais où est-il ?" Elle trouve le dictaphone planqué quelque part au fond de l'étagère, enfoui sous la réserve d'enveloppes.
Ce n'est pas pareil. "Mireille, il faut que j'appelle Mireille"
"Allo Mireille, tu peux passer ? J'ai quelque chose à te lire. Tu peux rapporter du papier ?... Oui des feuilles blanches, quoi. Simples. Des copies oui, ça ira aussi."

Écrit par : L'Oeil qui court | 14.01.2011

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Merci à tous pour vos commentaires, ça donne envie de continuer...
Patou, n'oublie jamais cette phrase d'un célèbre gourou indien : "Il faut savoir oser l'inconnu". Je cite de mémoire, hein.
Izzie, comment ça tu as des doutes sur la fraîcheur de Lova Moore ?
Monsieur normal, avec l'arrivée du printemps, j'espère bien que ça va donner de sublimes floraisons.
L'oeil qui court, merci pour cette jolie suite, ça fait plaisir que ces quelques lignes continuent leur existence par le biais d'une autre plume.

Écrit par : fanny | 05.02.2011

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