Allongée sur le plaid, je sens le pied de ma fille effleurer ma jambe. Je râle un peu : "ho, tu m'envoies du sable là, fais gaffe !"
Un éclat de rire. Je l'entends qui s'éloigne en courant.
Le soleil me caresse agréablement la peau. Le bruit des vagues me berce doucement.
Je m'assoupis quelques minutes. Je me réveille en sursaut et regarde autour de moi.


Tiens, il est encore là lui. Tout mignon plongé dans son livre, depuis presque une heure maintenant.


Et ce bel homme plus loin, qui rêvasse en regardant nonchalamment la mer. Je l'avais déjà repéré la veille. Je l'imagine poète, pianiste ou peintre.
Je me lève et esquisse quelques pas vers la mer.


Et merde ! AAAAh, c'est tout visqueux, et ça pique, bordel !
En boitillant, je tourne sur moi-même en cherchant Nectarine. Mais où est-elle passée ?
Mon cœur commence à s'accélérer. Je demande au petit garçon dans quelle direction elle est partie.
"Vers la tour hantée !" m'indique-t-il, un petit sourire en coin.
Ah oui, elle est fascinée par ces vieilles pierres paumées au milieu des dunes, au dessus de la plage.
Je cours vers elles.


La porte est ouverte, comme souvent. Je pénètre à l'intérieur. Un brusque courant d'air froid me glace les os.


Je me décide à monter ce lugubre escalier. En essayant d'oublier la légende de la jeune Comtesse qui a ici mis fin à ses jours, en 1743.
Certains entendent parfois, la nuit venue, ses gémissements qui résonnent dans la tour. Et aperçoivent sa silhouette errer pendant des heures.


"Nectarine ? Tu es là ? Allez, réponds, c'est pas drôle !"
Je continue à monter avec réticence. Aucune envie d'aller plus haut, mais je dois retrouver ma fille.


Tiens, je vais jeter un coup d'oeil dehors..


Là c'est moi qui jette un coup d'oeil dehors.


Ouah la classe ! Elle s'emmerde pas la petite Comtesse, je comprends mieux pourquoi elle reste coincée ici !
Je me penche pour regarder à droite.


Ca alors ! Mon bel inconnu qui fait des glissades sur un volcan ! Mais il est plein de ressources, il faut absolument que je lui mette le grappin dessus !
Quelle classe.
Je regarde à gauche.


Mais..j'ai la berlue ou quoi ? On dirait Nectarine qui fait de la balançoire...
J'étouffe un cri de surprise. J'ai senti quelque chose de doux sous ma main. Mais qu'est-ce que c'est ?
AAAAAAH, mais je rêve ou quoi ? Ca existe ça ?


Il est, enfin sont tout petits, où est la mère ?

Je monte quelques marches précipitamment en espérant trouver le reste de la portée.
Soudain, tout devient immense, et magnifique.


"Nectarine !!!"

Vite, hors de question qu'elle s'échappe cette fois !
Essouflée, en sueur, je rejoins la rue.
Tiens, le temps a changé. Nous voici en hiver, et ça pèle un max.
Folle de joie, enfin, j'aperçois à portée de main ma Nectarine, en train de jouer dans la rue.


C'est vrai qu'il y a un sacré dérèglement climatique.
J'attrape son bras, elle se tourne vers moi en souriant, s'apprête à me dire quelque chose quand une explosion de lumière nous éblouit.
Puis boum, on se retrouve à notre point de départ, juste avant que ma fille ne disparaisse.

Elle avait enlevé ses baskets, moi mes converses. On s'était mises en maillot et jetées dans la mer.


Tout est bien qui finit bien. Non mais faut pas déconner, on est en été hein, pas en hiver.
Allez, je me fais un coup de brasse coulée, et je reviens, tchao !