29.04.2010

Jamais deux sans trois !

D'abord : félicitations pour vos textes sur la deuxième photo et merci pour votre enthousiasme, vos participations, votre soutien.

Pour la troisième édition du jeu, c'est M1, l'auteur de notre bannière, qui propose la photo suivante :


Robert Lubanski (M1).jpg
by Robert Lubanski



Toujours pour ceux qui prennent les choses en route (pour les autres, ce n'est pas la peine, c'est un copier/coller !) petit rappel du principe du jeu.

A partir de cette photo, chacun(e) écrit un texte et le publie sur son blog d'ici la date butoir. Pensez à nous laisser un petit commentaire pour nous signaler votre participation.

La seule contrainte est de s'inspirer de cette photo. Vos textes peuvent prendre la forme, le style, la longueur vous souhaitez.

Ce jeu d’écritures n'est pas un tag, pas un concours, surtout pas une compétition littéraire.

Au fur et à mesure de leur publication, nous récupérons sur vos blogs les textes publiés pour les compiler ici.

Vous n’êtes pas blogueur mais souhaitez participer ? Envoyez nous un mail à a1000mains@gmail.com.

 

Jeu n°3, vos participations

Robert Lubanski.jpg
Crédit : Robert Lubanski

 

 

Cette photo nous a réunis, nombreux et différents. Les auteurs sont des habitués du jeu ou des nouveaux venus. Ils viennent d'horizons et d'endroits variés de la blogosphère. Tant mieux.

Il y a une vraie richesse dans les textes publiés. Cette photo nous a emmenés partout, elle nous a fait traverser toutes les frontières, celles qui séparent les pays, les sentiments, les genres, les classes sociales, les âges. Dans ce contexte, faire une liste des billets mis en ligne n'a pas beaucoup de sens. C'est juste une liste. Elle a néanmoins le mérite de nous représenter, tous ensemble. Alors nous voilà :

Zok, Une voie, comme un murmure.
Homecats, Mes escarpins aux pieds.
Marie (Une fille & la toile), Un jour, je partirai.
Natacha, Le mâle du pays.
Thibaudd, Je ne suis pas certain de vouloir savoir.
Butterfly, Non... je n'ai pas peur
Solo, Partir.
e-Milou, perdue
Une idea, Une lettre de plus.
Anne-Laure, Jessika avec un K.
Skeptikos, Droit derrière.
Bluebird, La chance.
La Mère Minos, Moins que rien.
Sarkofrance, Jeu d'écriture.
CC, La vie commence aujourd'hui.
Miss Brownie, A la poubelle.
Mrs Clooney, Tu vas rire, je te quitte.
Seb Musset, La fille du 15 mars.
Le coucou de Claviers, Abstention.
Xavier Bignet, D'un pas résolu vers le rêve.
Rimbus, Voter le 21 mars, pour oublier le 21 avril.
Nouvel Hermès, Série B.
Virginie B., Tu te souviens ?
Shaya, Plus jamais sans elle.
Jacinthe, Et j'entends siffler le train...
Dedalus, Loin des yeux.
Loupy, Let her go.
Angie, Ma raison de vivre m'a quittée.
Gabale, Une vérité de l'existence.
Céleste, La fille à la valise.
Thé citron, Working girl.
Captainhaka, Bonne soirée mademoiselle.
Véronique, Guess what !
Maghnia, Maman, attends-moi !
Chrys, La putain.
Ckankonvaou, A la bourre.
Laurent Nicolas, [sans titre]
L'auvergnate, Elle, celle de ses rêves.
Jube, Départ imminent.
Melle Flag, Dans ma valise, j'ai...
Arf, Capture.
Madame Zaza, A faire maigrir Richard Anthony.
Bibi, La dernière photographie de Julia.
Mathieu L, Déception.
Mélodie, L'inconnue de la gare.
Gabrielle, Don't look back.
La rénovitude, Transports en commun.
Epaminondas, Elle sourit, sans doute.
Dangeronimo, Sacrée ambiance.
Angélita, Partir mais ne pas errer sans but.
Aude Nectar, 90 ans et quelques larmes.
Mnee, Il m'aime tellement...
Lautreje, File, sauve-toi ma belle !
Xeloulou, Partir.
Madame Tout va bien, Toujours en retard.
Armelle, La robe blanche.
Fajua, Lointaine.
Bbflo, Macadam Blues.
Emmanuel, On ne tient pas la porte aux dindes.
Helenablue, La bombe.
Chocoladdict, Double vie.
Chouyo, Errances ataviques.
Aline, C'est moi qui décide.
La femme coupée en deux, Conte cruel.
Br'1, La petite robe courte.
Feuille, Guess.
La grenouille, Elle en a marre.
Balmolok, Gonflée à bloc.
Monsieur D., Le message vocal.
Des pas perdus, La femme rouge.
Clo, Au sujet d'une photo de dos.
Izzie, Tais-moi.
Izzie, Négresco.
Appas, Adieu, petite bombe.
Fringe box, Savoir partir.
Roxane, La petite voix.
RozyCruz, Don't look around.
Val, Pas de panique.
Rainette, Transit.
Julhya, Envie d'ailleurs.
Lizly, Blanche Neige.
PhilBret, Une destination en or.
Carole, Chabadabada.
Otir, Regard trouble.
Myriam, In cauda venenum.
Bulles d'infos, Question de goût.
Cicer, Jeux de mains.
Madame Kévin, Il m'a dit.
M1, Love is in the air.
Béalapoizon, La revanche des blondes.
Méline, Inspirés, respirez.
Ray Dacteur, Serrée dans sa jupe.
Fafa, Allo ?
Eric Mainville, Une vie nouvelle.
Gildan, Precious, little Précious.
Lou, Drôle de dame.
MissBrownie, Indiges(ta)tion.
Didier, Nos ombres et nos lumières.
Lunaleo, Re-trouvailles.
Kindgay, Nuit d'été.
Lo, Une gare, encore une.
Lise, Deviner quoi ?
Cricri, Echec et mâle.
Libelul, Voyage au bout de la nuit.
Koyangi, Jolie poulette.
Homéo, Une fille en jupe.
Izzie, L'amour artificiel.
Homer, Belle de nuit.
AurélieTheBest, Clémence est sans indulgence.
Kahlan, Tentative d'existence.
Zok, Working Girl.
Zok, Vieillesse - Haine en Mi (mineur).
Louloute, Projections et partage.
Khanouff, L'orage après l'orage.
C. Mon oeuvre.
La plume et la page, Revoir Big Ben.
Bloody Mary, Ambiguïté.
Sophie L., Vendre la peau du vieux avant de l'avoir tué.
Faustine, Un de perdu - dix de retrouvés !
George Sand et moi, L'ours et la poupée.
Cyril, Le salaud que je suis.
Clara, Pas le droit.
Metextoff, Femmes en nocturne.
Jean-Jacques, Tu veux ma photo ?
Jean Georges, Le fantasme du porche.
Alf, La journée de la jupe.
Mr Kiki, La Passante
Snookerliar, La magie de l'instant.
Xavier, L'APPEL (How I Feel Today ?)
Le voyageur, Photo cliché
Yueyin, Jeux d'écriture

 

Pour mieux diffuser les informations, un compte Twitter a été créé  : jeuxdecritures. On a essayé de retrouver le maximum d'entre vous - auteurs, lecteurs - mais ce n'est pas toujours facile. N'hésitez pas, si vous le souhaitez, à suivre le compte de nos Jeux d'écritures !

C'est la date du 30 mars qui avait été fixée comme date butoir. Mais vous pouvez continuer à proposer des textes : le blog "Jeux d'écritures. Le blog à mille mains" a précisément été créé dans cet objectif : écrire en bénéficiant d'une vraie souplesse dans le temps.

MERCI

L'APPEL (How I Feel Today?)

Robert Lubanski (M1).jpgPar Xavier


Cela faisait quelques jours qu'elle l'avait sentit arriver. Chaque année, depuis sa puberté, c’était la même chose. L’appel… Elle avait brusquement quitté la terrasse du bar où elle profitait de la douce chaleur de cette fin de soirée d’été, laissant machinalement un billet sur la petite table ronde. Le serveur allait y gagner un joli pourboire, mais l’idée d’attendre la monnaie ne l’avait pas effleuré un instant. Elle avait rapidement regagné son appartement, jeté quelques affaires dans sa valise et avait saisi son bel ensemble blanc dans l’armoire de la chambre. D’instinct, elles revêtaient toutes leur tenue la plus sexy. Il fallait se démarquer, et séduire…


L’impatience la gagnait, et le tempo des talons aiguilles claquant sur les pavés augmenta légèrement. Les claquements secs et le son continu des roulettes de sa valise formaient une sorte de rythme militaire qui emplissait sa tête, vide de toute autre pensée que le but de sa marche, comme tout soldat avançant inexorablement vers le champ de bataille. Bientôt, une autre percussionniste, froide et maquillée, viendrai se joindre à sa partition, puis une autre encore, jusqu’à ce que cette petite musique se transforme en symphonie pour talons et roulettes aux abords du point d’arrivée. Mais pour l’instant elle ne captait la présence d’aucune rivale dans les parages. Un instant, elle sortit de son état hypnotique et jeta un coup d’œil aux personnes qui flânaient, s’arrêtant parfois pour admirer les jolies vitrines des magasins chics de la rue, indifférents à l’urgence qui avait soudainement saisi tout son être. Ils n’étaient pas comme elle, et elle les envia brièvement avant que l’appel ne vienne reprendre le contrôle de ses pensées.


Souvent, il y avait du sang, des morsures, des coups… la frustration pouvait engendrer une violence incroyable chez des personnes qui n’auraient en temps normal pas fait de mal à une mouche. Et des larmes, bien sur… mais cette fois, elle serait choisie, elle en était sure… Le tempo des talons aiguille augmenta encore légèrement…

Photo cliché

Le Voyageur

Robert Lubanski (M1).jpgElle: Tu la trouve belle cette fille, on ne voit que son cul?
Lui: Oui mais ce n'est pas que son cul, c'est aussi sa démarche, une attitude. Cela dénote d'un certain caractère, voire même d'une certaine sensibilité.
- C'est une photo, tu ne peux pas voir sa démarche.
- Bon, disons sa silhouette, ses cheveux aussi.
Il se tut, la longue chevelure de la fille dirigeait le regard tout droit sur son cul. Non décidément il ne s'en sortirai pas. C'est vrai qu'elle avait un beau cul, que c'était une fille mince, un peu cliché mais bon elle était super bien foutue.
- Comment pouvez vous supposer des qualités à partir d'une image, moi elle me fait plutôt penser à une conne superficielle.
- Oui mais elle est quand même bien foutue (ca y est, il l'avais dit)
- Enfin tu lâche le morceau ! tu la trouve jolie, tu ne veux pas passer pour un obsédé alors tu lui cherche des qualités.
- Non, mais une photo cela évoque toujours quelque chose.
- En plus c'est horriblement banal, tu pourrait fantasmer sur autre chose, sur une fille différente.
- C'est vrai que cela fait un peu cliché mais c'est un beau cliché, moi elle m'évoque quelque chose.
- Elle est dos, tu ne vois même pas son visage. Il est où le garçon qui me trouvais un joli sourire, qui aimait bien mon foulard si original. Moi aussi c'est mon cul qui t'intéressait ?
- Non toi c'est différent, tu n'es pas une image, tu n'es pas superficielle. J'aime parler avec toi et j'ai envie de mieux te connaître.
C'est pour cela qu'il l'avait invitée chez elle, elle s'intéressait à la photo et il avait trouvé ce prétexte pour l'inviter chez lui. Comme tout le monde il avait un ou deux bouquins de photo et il en avait rapidement récupéré sur internet. Celle-ci il l'aimait bien : en noir et blanc, cela faisait penser à des clichés d'Helmut Newton mais faits récemment par un jeune photographe, cela montrait qu'il suivait les tendances.
Il ne s'attendait pas à cette réaction.
- En fait tu es comme tous les autres, tu fantasmes sur le même modèle.
- Mais non, toi tu es différente, c'est cela qui m'a plu.
- Moi aussi je te croyais différent, il est où le jeune homme timide qui m'avait abordée dans cette expo photo ? Tu étais maladroit mais c'était charmant, on te voyait arriver avec tes gros sabots mais tu avais trouvé tu avais trouvé une approche originale, tu te jetais à l'eau. On voyait que tu n'étais pas à l'aise mais on avait pas envie de te rejeter et puis tu as continué à parler tu as dit des choses originales, sensibles, intéressantes... et là tu me montre une photo de cul !
- Faut pas exagérer elle n'est pas à poil.
- C'est vrai, ce n'est même pas une photo érotique, j'aurais préféré cela, que tu me montres des vraies photos de cul, que tu assumes ton coté.... animal.
- ...
- On a tous des fantasmes et des envie de sexe c'est normal, moi c'est la banalité de cette photo qui me met mal à l'aise. Tu peux aimer son cul mais il pourrait être mis en valeur autrement ou alors une vraie photo de cul, comme celle qu'on a vu à cette expo. Un cul pris en photo de très près, on ne voyais que le grain de sa peau, on avais envie de la toucher, de passer la main sur la photo. Il y avais le cul d'un mec aussi, un peu poilu. Tes fesses, elles sont poilues ?
Il ne s'attendait pas à cette question il chercha une réponse « originale », à ne pas refaire une gaffe, il n'eut pas le temps de répondre.
- Ce n'est pas grave, cela n'as plus d'importance à présent. Je vais y aller, ne m'en veux pas. Je suis contente de t'avoir rencontré.

Il se retrouva planté là ne sachant quoi penser. Tout cela à cause d'une photo !

Il la regarda de plus près, cette foutue photo et il ne changea pas d'avis, c'est vrai qu'elle était belle cette fille.
D'ailleurs elle lui ressemblait, il y pensait seulement maintenant. Quand elle était partie en lui tournant le dos il lui avait trouvé la même silhouette, la même longueur de cheveux, bien qu'elle les porta en queue de cheval.
Difficile à dire car elle était habillée dans un style «passe partout» avec un gros pull.
Mêmes jambes à la fois fines et musclées, cela faisait beaucoup de similitudes.

Non ce n'était pas elle ! Elle ne lui avait pas dit qu'elle était mannequin.
Quoique, elle avait dit qu'elle connaissait des gens qui travaillent dans ce milieu et que c'était très superficiel. Il avait acquiescé et avait enchainé sur la culture standardisée diffusée dans les média et la publicité.
Il agrandit un peu la photo, la scruta ; La montre ! la jolie montre qu'elle portait, celle de la fille de la photo était la même.

Elle ne répondit pas à ses messages. Il en fut triste mais pas autant qu'il le craignait.

Triste car il avais loupé une belle aventure avec cette fille magnifique.
Gai car il savait à présent que même les mannequins peuvent s'intéresser à lui, le garçon un peu complexé de ne pas ressembler aux images stéréotypées d'hommes forts aux gros bras.

Finalement cette aventure avortée eut des conséquences plutôt positives sur sa vie amoureuse.

09.04.2010

La magie de l'instant

Par Snookerliar

Robert Lubanski.jpg

Pour seul point de fuite
Le clapotis rythmique
De sa marche cosmique.
Ruelle de nuit,
Passage de jour,
Du clair à l’obscur
Rien ne se suit.
La lumière luit,
Et de ce que l’on croit savoir depuis toujours
Rien n’est plus sûr.
Scène de la vie quotidienne
Dont on peut à dire vrai faire un poème.
Murmurer les mots de sa beauté
De sa nudité suggérée
De la sensualité qui affleure ;
Qu'en prenant le temps de contempler,
Va droit au cœur,
Et assigne.
Au regard banal
D’une femme fatale
Plantée sur de hauts talons,
Juchée à califourchon
Sur une mode dénuée de soupçons.
Assigne.
Une Caresse synesthésique,
Un coup de buttoir acharné
A toute forme de mercatique ;
Une caresse frénétique.
La plume dans les yeux
Les yeux dans l’image
Et l’image comme volée
A quelques Dieux,
Ou portée
Par un Prométhée
Heureusement si peu consciencieux.
Sur les côtés,
Dans les vertiges de la fuite,
Sur son propre négatif
L’ordinaire étouffe ;
S’altère ;
Sous les coups fragiles
Du balancement subtil
De ce sublime derrière.
Une ouvrière ?
Une guerrière ?
Une meurtrière ?
Tout sauf l’ordinaire,
Rien
Si ce n’est l’aura
D’une Athéna.
Les passants disparaissent
La Caresse
Devient déesse.
L’image joue avec son i,
Et ainsi,
Une belle dame se meut en magie.
Jugé coupable, le regard lamentable ;
L’ordinaire
Est à terre.
Toute la puissance se concentre dans ce talon.
Sur lui, la verticalité protéiforme d’une beauté qui échappe au regard, et se donne pourtant dans une fuite indicible, suprêmement poétique.
De lui à nous, de lui vers le bout de la ruelle, l’horizon en mouvement, ouvert à notre regard, ouvert à toutes les imaginations, toutes les fantaisies, fermé à l’ordinaire.

La passante


par Mr Kiki

**clique pour lire en grand**

Mr Kiki.jpg



08.04.2010

La journée de la jupe

Par Alf

Robert Lubanski.jpg

Il sortait de ce colloque auquel l’avaient invité un consortium d’ONG et d’institutions internationales chargées de l’aide d’urgence en Haïti. « Haïti : quel avenir après la fin d’un monde ? », tel était thème général de la rencontre ; un titre un peu racoleur mais qui était finalement assez proche de la réalité du terrain. Au-delà de la seule aide financière, technique, matérielle, il avait été invité pour parler « traumatismes » : psychologiques, philosophiques, métaphysiques… Il avait consacré de nombreux cours et ouvrages  à la souffrance. C’était devenu sa spécialité et dès que le sujet refaisait surface, c’est lui qu’on interviewait dans les magazines, lui qui s’exprimait sur tous les plateaux télé, de Taddeï au Grand journal, en passant par les Thema d’arte… La souffrance, comme on la croise tous les jours sur la Terre. Celles du sujet face à son propre vide, celles dues aux horreurs collectives, ou aux petites et grandes veuleries individuelles, ou aux éléments naturels déchaînés. Des plus infimes aux plus abominables souffrances. Durant tout l’après-midi, il avait ressassé, avec quelques philosophes et intellectuels de renom, tous les malheurs du monde, à toutes les époques et sur tous les continents ; essayant de convaincre que malgré tout, face au pire, l’homme pouvait se relever et trouver une infime part de possible en lui. Il avait la tête encore remplie de drames, de peurs, d’atrocités ; saoulée d’histoires de sang et d’injustices à n’en plus finir, lorsque, à peine dans la rue, son regard se figea, s’arrêtant net sur la cambrure d’une jupe qui passait juste devant lui. Une paire de fesses magnifiques délimitées par un fin tissu blanc immaculé. Une paire de fesses qui dessinaient devant ses yeux un mouvement perpétuel en forme de huit ; un infini qui ressassait le même petit mouvement parfait, aérien, envoûtant, hypnotique, rassurant. Et soudain, il ne pensa plus à rien. Qu’à ça.

06.04.2010

Le fantasme du porche

Par Jean Georges

Robert Lubanski.jpg

Les roulettes de sa valise, sur l'inégalité des pavés, faisaient un bruit désagréable amplifié à cette heure tardive par le calme relatif de la rue piétonne. Elle rentrait à pied en passant souvent par cet endroit pourvu de porches mystérieux, secrets et aussi un peu inquiétants que quelques échoppes, encore ouvertes, éclairaient chichement.

Comme souvent au bout de la rue elle prit le passage couvert sur sa gauche espérant inconsciemment, non pas se faire peur, mais pour oser affronter un destin qu'elle espérait.

Elle l'avait déjà aperçu dans la pénombre, l'homme fumant sa cigarette assis sur un petit banc qui meublait le dernier porche, mais ce soir au gré de la lumière diffuse de la boutique d'un numismate, elle devina son ombre. Se rapprochant elle l'imagina aussitôt, jeune, grand sportif, juste barbu comme elle aimait. Elle n'osait y croire, elle était ailleurs... l'amour sous un porche, debout dans l'encoignure, son rêve, un de ses fantasmes des plus secrets dans ses moments de solitude.

Inconsciemment elle avait ralenti son pas, l'homme était debout, il n'était pas grand, plus trés jeune, glabre, et un peu rond, mais timidement il lui dit.

- Bonsoir!

Elle n'était pas surprise, elle le voyait comme elle l'avait imaginé, elle répondit.

- Oh! Bonsoir, j'ai dû me tromper de rue, je suis fatiguée, pourrais-je me reposer une minute, ma chaussure me blesse un peu.

Et sans attendre la réponse de l'homme s'appuyant sur son épaule, elle commença à se déchausser....!

05.04.2010

Tu veux ma photo ?

Par Jean-Jacques

Robert Lubanski.jpg


Elle grésille du trolley
sur l'asphalte qui lui,
n'a pas ses états d'âme,
trimballant ses valises, enfin celle qui lui reste,
l'autre ayant disparu sous un oeil au beurre-noir,
pour un premier d'avril...
Elle  chaloupe amarrée tant bien que mal au trottoir
d'avoir trop bu d'histoires
à se chavirer l'âme,
ignorant  tout des regards accrochés aux contours
d'un jardin callipyge
qui s'éclot au printemps
de ses frêles années.
Elle tire sa révérence
vers la gare la plus proche
et mène un train d'enfer
aux talons qui accrochent

un instant qui s'achève....

04.04.2010

Femmes en nocturne

Par Metextoff

Robert Lubanski.jpg

C'est la nuit et Véronique n'en pouvait plus d'avoir tant marché. Elle traversait cette galerie  chichement éclairée par les quelques magasins épars encore ouverts en songeant qu'il y  avait beaucoup de femmes qui y traînaient à cette heure pourtant tardive. Elle se doutait bien que la plupart d'entre elles cherchaient l'aventure. Pour un soir ou même une heure. Cette ville qu'elle s'apprêtait à quitter après un court séjour avait cette particularité d'être peuplée en majorité de femmes et de femmes seules qui plus est ... Elle se rendit compte que sa jupe courte qui lui moulait le bassin et le fessier pouvait attiser les convoitises, non pas des hommes car ils étaient en nombre insuffisant dans ce patelin et pas farouches, mais des femmes errantes qui déambulaient en bandes, en quête de plaisir et qui pouvaient même agresser pour satisfaire leur libido.  Elle était sortie précipitamment de son hôtel et n'avait pas eu le temps d'enfiler une tenue plus sobre. Elle sourit intérieurement en songeant à "Boursibien" son ex petit ami. Ils étaient restés amis en dépit de leur séparation. Cela ne s'expliquait pas c'était ainsi. Trop d'atomes crochus sans doute. L'endroit lui plairait, avec toutes ces femmes qui ne demandaient que cela... Elle se promit qu'elle lui enverrait un message sur twitter pour l'informer de cette trouvaille...

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