23.02.2010
Deux Chardonnay, s'il vous plaît
Par Faustine

09:06 Publié dans Jeu n°2 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
22.02.2010
Fin octobre. Fin novembre. Place Saint Georges.
Par Madame
Il faisait tellement chaud hier encore que nous nous sommes baignés dans la piscine, chez les parents de D.
Le sud-ouest, j'y retourne pour me baigner et revoir deux vieux amis.
Il y a 11 ans que j'ai rêvé de lui, il m'apprenait à skier, me tenait la main pour me guider, m'avait embrassée. Très troublée, j'ai évité de lui parler pendant quelques jours. L'été d'après, nous étions partis à plusieurs faire du camping, j'avais vu dans son regard quelque chose de brillant, de doux, d'attractif. Il m'avait manqué.
Il y a 10 ans maintenant que nous nous sommes revus, juste pour une semaine, juste pour un ciné, juste pour un café, jute pour m'embrasser. Je l'avais un peu aimé.
Il y a 8 ans, j'ai rencontré M. L'amitié profonde qui nous lie a démarré par un coup de foudre, une révélation. C'est mon double et mon âme soeur. Et c'est l'ami de D. Notre amour platonique le restera à jamais.
Les voilà tous les deux en face de moi. Place Saint Georges, on mange encore dehors, il fait bon. Nous nous sommes baignés hier dans la piscine des parents de D. Il a joué à me faire couler, comme un gosse. Il a des non-attentions qui en disent long. Je joue à ne pas le provoquer. Je cache un peu mon corps et je hurle quand il m'éclabousse. Nous nous aimons toujours un peu.
M. ne sait rien M. ne voit rien. Peut être que si j'avais connu M, au sens de la Bible, peut être que tout serait plus simple, peut être que nous serions amoureux fous et que plus rien ne compterait. M, c'est une histoire forte, nous avons l'âme soeur, qu'il soit célibataire ou non, nous le savons.
Il ne commence pas à fumer parce qu'il a peur de devenir dépendant à la première cigarette. Pour la même raison nous ne nous sommes jamais embrassés.
D. ne sait rien, ne voit rien. Je ne l'aimerais pas si nous n'avions pas goûté aux fruits du péché. Mais là, je l'aime un peu, et son regard glisse sur moi.
Le trio s'équilibre comme il peut.
Je les aime tous les 2.
Le repas fini, je les quitte, je rentre dans ma ville lointaine, je reviens à mon mariage, je retourne vers ma vie. Les garçons repoussent leur chaises et vont au cinéma ensemble. Je les embrasse, je m'en vais un peu et je reviens sur mes pas pour prendre une dernière photographie.
Ces garçons sont ma poésie, mon jardin, ma jeunesse.
19:52 Publié dans Jeu n°2 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.02.2010
Chaises kévinées
Par Appas

♣ Contrairement aux autres végétaux, les chaises de café, en automne, se couvrent de feuilles ♣ En vous asseyant, vous couvrez des feuilles ♣♣ Si vous perdez vos feuilles de journal elles iront rejoindre les autres ♣ Que lit-on sur les feuilles des chaises, sinon le récit, chaque fois différent, d'un été qui fut éclatant de beauté bleue ♣ Votre beauté éclate ♣ Riez-vous aux éclats ♣♣ Sur le trottoir, les débris de la joyeuse vitrine ♣ Aimiez-vous les millefeuilles de la pâtisserie ♣ Tout part en miettes ♣ Vous ne partez pas en miettes ♣ Vous partez ♣ Ce qui vous arrive, c'est un départ ♣ Vous arrivez à partir ♣ La lumière d'automne vous va à ravir ♣ Vous ravissez la lumière ♣ Elle vous captive ♣ Libérez la princesse ♣ Une pince monseigneur pour briser ses fers ♣ Un prince, un seigneur, pour briser ses nerfs ♣ Où sont mes chaises, maintenant ?♣ Pas d'une écriture nerveuse, d'une chaleur douce D'un dernier soleil
13:21 Publié dans Jeu n°2 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
05.02.2010
Terrassée
Par Julie Blablabla
Jamais je n'eus besoin de faire un quelconque effort de mémoire pour me souvenir de la première fois. La première fois que je le vis, cet instant où son regard d'homme dominateur croisa mes yeux d'enfants, le premier jour du reste de ma vie.
Mon père m'avait prévenue: maman malade avait besoin de repos pour espérer guérir, il ne fallait pas que je m'inquiète, une infirmière à domicile s'occuperait d'elle.
Il promit de m'appeler tous les soirs et ferait en sorte que je rentre à la maison deux week-end par mois, j'allais de toutes façons être tellement choyée que je ne verrai pas le temps passer.
Ce serait leur couple d'amis, les Paronait, qui me garderait. Elle, si généreuse, si amoureuse mais souffrant de ne pas pouvoir enfanter, promettait de s'abandonner à moi de sorte que je ne souffre pas de l'éloignement familial. Lui, si prévoyant, diplomate instruit presque érudit, se faisait une joie de me transmettre son amour des livres.
La passation se déroula comme prévu au Café du Marché mais elle préféra missioner son mari au point de rencontre afin de s'affairer aux fourneaux en prévision de mon imminente arrivée. Nous y restâmes une demi-heure au terme de laquelle mon père me dit au-revoir dans des sanglots que je ne comprenais pas, puis nous avançâmes doucement vers la voiture, cet homme et moi, en route vers ma nouvelle vie.
Je me retourna une dernière fois pour observer ces chaises inoccupées sous ce ciel maussade, mais jamais je ne pu imaginer que cette scène serait le reflet précis de l'avenir sombre et angoissant qui m'attendait, des nuits troubles et honteuses que j'allais subir pour me propulser dans un monde d'adultes nauséeux où seuls le vide et le tourment s'apprêtaient à peupler mon enfance volée.
10:14 Publié dans Jeu n°2 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
03.02.2010
Te souviendras-tu de moi...
Par Olivier

16:41 Publié dans Jeu n°2 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Je venais m'asseoir ici...
Par Blue Bird

16:03 Publié dans Jeu n°2 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Aveu Fatal
Par LMO
Déjà un quart d'heure que j'attends... J'espère qu'ils viendront. Ils sont toujours en retard, mais aujourd'hui, c'est particulier, je m'inquiète.
Je leur ai donné rendez-vous à cette terrasse du Capitole. Celles où ils aiment aller car les consommations sont chères. Ils ne savent jamais comment prouver aux autres leur richesse.
Je regarde autour de moi, la tension monte.
En octobre, il fait encore doux dans le Sud-Ouest.
Et quand bien même, ici, les gens sont fous, ils sont en terrasse quoi qu'il arrive, qu'il vente, qu'il grèle, la terrasse, c'est la vie, à la rigueur, une invasion de sauterelles les en détrônerait, mais je n'ai jamais vu une seule sauterelle dans cette ville.
J'attends, avec apréhension. Mes parents sont des gens qui n'ont pas l'habitude d'être contrariés. Et ce que j'ai à leur annoncer est malheureusement très contrariant, de leur point de vue...
Ils tiennent une chouette boucherie en centre-ville, enfin, autant qu'une boucherie puisse être chouette. Ca paraît pas comme ça, mais casser des os à longueur de journée et vendre de la barbaque à des carnivores affamés, ça paye un max. Et ça, mes parents, le blé, ils adorent. Presque autant qu'ils aiment le chemin qu'ils ont tracé pour moi.
Je suis leur unique fils. Et jusqu'à aujourd'hui, on ne peut pas dire que j'ai réalisé tous leurs désirs.
Petit, alors que mon père me voyait intégrer le XV de Toulouse, je rêvais Clarinette. Autant dire que lorsque j'ai appris mon souhait à mes parents, ceux-ci en ont conclu que le pipo, c'est pour les tantouzes... Et jamais je n'ai pu m'approcher d'un instrument à vent par la suite.
Tiens, les voilà! Ma mère avec son éternel monograme Vuitton. Elle n'a pas encore compris qu'il fait faux! Et mon père, et sa grosse voix qui m'a toujours fait trembler!
- Alors Jason - Ha oui, mon prénom, toute une histoire... C'est pas Jason et la Toison d'Or, ne vous méprenez pas. Ca voudrait dire que mes parents sont presque cultivés! Non, ils m'ont nommé ainsi à cause de Jason Priestley... La grande classe! - Comment vas tu? Il s'est bien passé ton entraînement hier?
Oui j'ai finalement intégré une équipe de rugby. Mon père est suffisament niais pour penser qu'une brindille comme moi fait office de pilier fantastique!
Cela dit, ça a bien arrangé mes affaires par la suite!
Je dois admettre que sans mes prétendus entraînements de rugby avec soit-disant troisième mi-temps Chez Tonton, je n'aurais pas pu accomplir mon sombre dessein.
- On ne t'as pas vu à la boucherie hier, s'enquit ma mère, j'espère que tu as une bonne explication??
Je travaille depuis que j'ai 16 ans à la boucherie. Les études? A quoi bon? Pour devenir boucher, il suffit de savoir magner un couteau, Maman se chargeant de vendre les morceaux aux clients.
J'ai 20 ans, et j'ai quelque chose de terrible à avouer à mes parents.
Pour des parents conciliants, ça passerait peut-être. Mais pour mes parents, c'est simplement le début de l'apocalypse...
- Maman, Papa, je vous ai demandé de venir parce que j'ai quelque chose d'important à vous dire.
- Ne me dis pas que ça ne se passe pas bien avec Maryvone??
Maryvone... Le second prénom le plus ridicule au monde après le mien. Il faut admettre que nous faision la paire ! Jusqu'à ce que je la quitte, il y a 6 mois. Elle faisait une bonne couverture, mais ses hormones ont pris le dessus... Et plutôt rouler un palot à un pingouin qui pue que coucher avec elle!
Elle était jolie, je ne dis pas. Mais nos milieux différaient un peu trop... Et nous ne voyions pas les choses de la même manière... Maryvone, une jeune fille pourtant ambitieuse! Elle voulait devenir agent immobilier. Sauf qu'elle a râté trois fois le bac, donc elle est partie en école d'esthétique, comme elle dit.
- Euh, non, ça ne va pas très bien avec Maryvone, nous nous sommes séparés... C'est en partie de ça que je veux vous parler!!!
Ils ont commencé à protester, ma mère plaignant cette pauvre jeune fille meurtrie, mon père sentant le vent tourner. J'enchaînais, sans leur laisser le temps de rétorquer.
- Et... Je ne travaillerais plus à la boucherie à l'avenir. Je n'aime pas couper la viande, je ne suis pas fait pour ça! Et a fait 1 an que j'ai quitté l'équipe de rugby. Quand je quitte le boulot, ce n'est ni pour retrouver ma copine, ni pour m'entraîner, ni pour aller me bourrer la gueule, c'est pour...
Argg... Je crois que j'en ai trop fait d'un coup, mon père devient violet. Il est souvent passé par toutes les couleurs, mais je dois admettre que violet, c'est la première fois!
Et ma mère ne pleure pas. C'est anormal, elle a l'air d'un poisson frit, mais elle ne crise pas... Je les ai cassé, misère!!!
- Qu.. Quoi??? C'est... Une... Blague, j'espère??
- Non papa! Ca fait un moment que je veux vous l'avouer, mais ce n'est jamais le bon moment.....
- Mais le bon moment pour quoi? Demande ma mère, dans un léger couinement strident.
- Pour vous dire, ce que je suis, ce que je veux être...
- QUOI??!
Ouf, si mon père vocifère, c'est qu'il est encore en forme!!
- Maman, Papa... Je suis... Je vais...
Je savais que ça serait difficile.
Me cacher derrière la pensée rationnelle que les parents veulent le bonheur de leur enfant... Quelle idiotie!
J'aime mes parents, mais il faut se rendre à l'évidence, leur étroitesse d'esprit est quasi mystique!
- Maman, Papa, je viens de rentrer en deuxième année de médecine!
Mon père s'est levé en hurlant...
Ma mère s'est mise à pleurer.
Ca aurait pu être pire! J'aurais pu leur annoncer que j'étais gay... Je vais attendre encore un peu...
15:30 Publié dans Jeu n°2 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
02.02.2010
Monsieur Pierre
Par Liam Haouët
Je passe par là tous les matins depuis une dizaine d’année. Ce n’est pas le chemin le plus court, mais il contourne le centre-ville et permet de troquer pour quelques centaines de mètres le bruit et l’agitation citadine contre un recoin caché de nature, petite citadelle parée de verdure. Je m’étonne souvent de n’y jamais croiser personne. Ou presque.
Des jardins bien entretenus s’alignent les uns à côté des autres entre le canal et une rangée de maisons mitoyennes à la ressemblance frappante. Des maisons de vieux, pour la plupart. On les voit parfois, dans l’après-midi, qui taillent leurs haies, griffent la terre aux pieds d’exubérants rosiers, ou observent, pensifs, leurs arbres fruitiers les mains jointes dans le dos.
Le plus joli de ces jardins est celui de monsieur Pierre. Sans contestation possible.
C’est un jardin à l’anglaise. Placé au centre, un gazon régulier sur lequel on aimerait marcher les pieds nus au mois de Juin contraste de sa netteté avec les parterres qui l’entourent, extravagants, sauvages, fleuris. Des graminées ajoutent leur légèreté aux massifs, aux arbustes buissonnants, aux feuillages gigantesques, et bruissent de plaisir à la moindre brise. Tout est pensé avec soin et pourtant rien n’y paraît tant les associations sont élégantes, légères, subtiles.
Près du grillage, quelques posées servent de terrasse pour le thé de seize heures trente. Rituel des jours ensoleillés. Quelques voisins profitent ainsi des belles après-midi en compagnie de monsieur Pierre, de son jardin. Les discussions vont bon train et tous d’ordinaire me saluent gaiement alors que je passe sur le chemin blanc.
Mais cette année, je n’ai pas aperçu Monsieur Pierre de tout l’été et aujourd’hui que ce dernier se transforme en souvenir le gazon joue aux herbes folles, les feuilles mortes se prélassent et s’entassent sous la pluie.
Monsieur Pierre n’a pas encore rentré ses chaises.
Les rumeurs disent que Monsieur Pierre est très malade.
Les rumeurs disent que Monsieur Pierre ne verra plus son joli jardin sous le soleil de Juin.
23:05 Publié dans Jeu n°2 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Tranche de vie
Par Louloute
Mardi, fin d'après midi.
Pour la première fois depuis longtemps, lorsqu'elle sort de son travail, il fait encore jour. Pas d'heures supplémentaires aujourd'hui, pas de soirée à travailler avec acharnement.
Elle prend le bus pour rentrer chez elle, descend à son arrêt habituel. Elle va à la supérette toute proche chercher de la lessive, elle doit laver son manteau, elle a des rendez-vous importants cette fin de semaine et a donc besoin que son manteau favori soit propre.
Une fois son achat effectué, elle va au bureau de tabac. Elle veut savoir si elle a gagné au Loto et acheter un paquet de cigarettes, histoire d'en avoir, pour se relaxer. Elle n'a pas gagné, bien entendu, mais elle rejoue quand même pour cette semaine.
Normalement, après son escapade au bureau de tabac, elle se rend chez la libraire, juste à côté. Mais ce soir, la libraire est fermée, sans doute un inventaire ou quelque chose du genre.
Normalement, elle serait rentrée chez elle pour faire sa lessive avant de partir à son cours de yoga pendant lequel elle aurait réfléchi à son repas du soir, forcément léger puisqu'elle tient à garder la ligne.
Mais ce soir, il fait encore jour et elle est rentrée du travail. Pour la première fois depuis qu'elle habite ici, elle décide de s'attabler à la terrasse du café juste à côté du bureau de tabac.
Elle commande un chocolat chaud car le café l'empêcherait de dormir. Elle règle sa commande à peine déposée sur la table. Elle se demande ce qu'elle fait là, pourquoi tout d'un coup elle a eu envie de s'attabler à cette terrasse de café déserte ou ses seuls compagnons d'infortune sont des feuilles mortes à ses pieds.
Elle n'a pas de livre à lire pour s'occuper, alors elle regarde les voitures passer. Elle repense à la difficile conversation, "la charge" comme elle l'appelle, qu'elle a eu avec son patron hier. Il n'était pas fâché, il veut qu'elle progresse. Pourtant elle s'est sentie acculée, mal à l'aise, défaillante. Elle a même failli pleurer.
Elle se rappelle aussi l'échange téléphonique qu'elle a eu hier avec son amie. Poignant, profond, vrai et empreint de sensibilité et de bons sentiments comme toujours. Son regard triste dans le vague, elle repense à ses larmes qu'elle gardait depuis longtemps et qu'elle a enfin pu libérer.
Au fur et à mesure qu'elle sirote son chocolat chaud, elle fait un bilan de sa vie, du chemin qu'elle a parcouru, des choix qu'elle a fait. De temps à autres, elle regarde les gens, les voitures qui passent, toute cette vie devant elle. Elle s'émerveille de tant de beauté dans le mouvement, elle sent les parfums des personnes qui passent à proximité d'elle sans la voir, elle entend ce chat qui miaule pour rentrer chez lui, quelques mètres plus loin.
Sans s'en apercevoir, la nuit est tombée et les étoiles parsèment le ciel. Il est temps pour elle de rentrer chez elle.
Après cette pause dans l'agitation, elle est sereine, apaisée.
Et surtout très heureuse d'avoir pu vivre une telle tranche de vie, si agréable dans sa simplicité.
22:38 Publié dans Jeu n°2 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Un souvenir parmi d'autres
Par Kenza
Je me promène le long de la Seine. Seule. Les gens passent, à deux, à trois, à plusieurs. Et moi ? Seule ! Oui, seule !
J’essaye de ne pas voir les autres, mais mes yeux ne peuvent s’en empêcher. Mon cœur ne peut s’en empêcher. Mes yeux, seuls, mon cœur, seul, envient tout ce monde qui n’y connaît rien à la solitude.
Pourquoi ?
Je continue à errer. J’erre dans les rues parisiennes. J’erre dans les ruelles de ma tête. J’y croise de nombreux souvenirs. Heureux. Malheureux. Ils sont nombreux, des deux côtés.
Je m’arrête devant une terrasse et me souviens alors de cette journée d’automne. Une journée parmi tant d’autres. Une journée banale, et pourtant un de mes souvenirs les plus doux. Le vent soufflait plus fort que jamais. Les feuilles tournoyaient dans les airs. Du vert, du jaune, de l’orange, du rouge, du marron. De la chaleur émanait du paysage, malgré le froid ambiant. Ma main dans la sienne. Le vent dans mes cheveux. Quelques feuilles s’y logeaient. Il y passait ses mains pour les retirer, une à une. Je me blottissais contre lui lorsque le souffle du vent se faisait plus fort. J’en profitais pour humer son odeur, si douce et si virile. Le vent s’intensifiait, le froid aussi. Et nous, nous étions là, immobiles, contemplatifs, perdus l’un dans l’autre. Il m’a attirée vers une des tables du café devant lequel nous étions. Il retira les quelques feuilles traînant sur une des chaises, et me pria de m’assoir. Il prit une des trois chaises de la table voisine, et s’y assit à son tour. Le murmure de sa voix irriguait mes oreilles, se propageant dans l’ensemble de mon corps. Nous étions là, tous les deux, heureux, à jamais.
A jamais…
…ou presque.
Les chaises avaient maintenant disparues, laissant cette terrasse toute nue. La façade, barricadée. Rien ne laissait à penser que quelques années plus tôt ce même endroit était l’un des plus prisés du quartier.
Je détourne mon regard, et continue à marcher, en attendant de pouvoir le rejoindre. Bientôt.
16:10 Publié dans Jeu n°2 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





