06.07.2010
Pause estivale
Bonjour à tous !
Nous avons apprécié votre enthousiasme, nous avons lu votre fougueuse impatience, nous avons conscience de votre attente...
... mais au dehors se fait entendre l'appel des soldes d'été, du farniente et de la glandouille estivale.
Le blog à mille mains se met donc en vacances. Des vacances relatives car il reste ouvert aux commentaires et qu'entre 2 pastis citronnades, nous passerons par là.
Bon été à tous et rendez vous à la rentrée pour un nouveau jeu !
18:37 Lien permanent | Commentaires (39) | Envoyer cette note | Tags : entrer des mots clefs
21.06.2010
Tic, tac
Et nous voilà à la date de la fin de ce jeu. Une fin à sa façon, on attend les retardataires avec plaisir. On ne se lasse pas de vous lire.
Par où commencer ? Par ce message que vous laisse notre guest star, Thé Citron, auteure de la photo mais aussi du texte qui a suscité le plus de commentaires :
"Coucou à tous.
Tout au long de ce jeu, je n'ai cessé de vous remercier pour vos participations. C'était on ne peut plus sincère. Toutes vos histoires sont si merveilleuses. On s'attache à certains paysages. Parfois, on pourrait même croire que cette photo a été prise un matin, en Provence. Alors que non, pas du tout. Mais vous avez réussi à donner vie à une de mes photos et je trouve cela fantastique.
J'ai aimé découvrir dans quelle direction vous vous promeniez, dans quel rêve, dans quelle lettre ou que sais-je encore. Ce fut une belle invitation au voyage.
Que l'aventure continue, encore et encore...
Merci beaucoup.
Thé Citron"
Quant à nous, on vous adresse également un grand MERCI (bleu comme il se doit, après ce jeu)
Merci pour vos participations mais aussi merci pour faire vivre ce blog avec vos commentaires, merci pour votre état d'esprit, merci pour les échanges, les idées, votre présence. Merci pour vos mots.
Vos mots que voilà :
- La Vilaine, J'ai déserté ma vie
- J., Long courrier
- Zok, Torture citronnée
- Anne Laure, 36 copies (Espoir et nostalgie : mosaïque)
- Madame tout va bien, Panne d'inspiration
- Xeloulou, Renaissance ?
- Mary Longwood, Disparition
- G6K_, Tant que le souvenir restera elle vivra
- Lise, Jours bleus
- Kaede, Epître matinale
- Solo, Lettre à une amie
- Lizly, (A)pesanteur
- Anais, Writecrossing
- Julhya, L'angoisse de la page blanche
- Niels Huit, Correspondance estivale
- Miss 400, En aparté.
- Arwen Gernak, Le jardin bleu.
- Thé citron, Waiting on an angel.
- Lila, Je me souviens encore.
- Ckankonvaou, Merci pour le thé.
- Angie, Molécules en folie.
- Evy, Errances matinales.
- Béalapoizon, La terrasse.
- Aurélie, Prélude printanier.
- Asmaa, l'Ultime adieu
- Framboize, Par quoi commencer ?
- Armelle, Les Mots bleus
- La Femme coupée en deux, 9 Soonvijai 4, New Petchbury road, Bangkok 10320
- Demande à Maman, Comment j'ai infiltré la bloguésie
- Georges alias la fille de service, Sans un mot plus haut que l'autre
- Arwen Gernak, La dureté des principes.
- Phil Bret, Mission à l'encre bleue.
- Clara, Les Petits papiers
- Herisson08, Sans titre
- Livvy, Une si belle journée d'été...
- Bloody Mary, Souvenirs en sommeil
- Angélita, La hantise de la page blanche.
- Super Pionne, Avortement, accouchement.
- Virginie B. , Les mots qui comptent.
- Chrys, Tu te souviens ?
- Jean-Jacques, T'as qu'à croire.
- Annick, Une plume et du papier.
- Kahlan, La découverte.
- Bblfo, Madame...
- Thibaudd, Qu'est-ce que je fous là ?
- Madame Sophie, De battre mon coeur
- Grumpy girl, Trempe tes doigts dans mon encre
- Mademoisselle A, Pas encore.
- Stouf, Et ma lettre ?
- Gabrielle, Angel.
- Stéphane Antonini, Orange.
- Pascale, Mots emprisonnés
- Lou, Thé de Chine, thé khaline, thé d'amour
- Sandrine, Un drôle de matin...
- Bibi, Stylo en jachère
- la Dame du CDI, Nous dormirons ensemble
- Une Blonde dans la ville, S'y mettre, enfin
- Marlène, Si j'étais un homme.
- Homecats, Si loin et si proche de toi
- Jean-Philippe, Et si c'était vrai ? Vraiment vrai ?
- Arf, Aérien
- Emmanuel, Vincent
- Choupynette, Maintenant ou jamais
- Céleste, Comme un trésor enfoui dans la mémoire
- Colombine, Au fond d'une tasse de thé au citron
- Valérie, Impro première
- Valérie, Jeu , texte 2
- Encre noir, Le stylo-plume de l'oncle Serge
- Madame Kévin, Hope.
- Pascale Mot à Mot, Fleur d'oranger.
- Brigetoun, Essayer, Défi fût lancé d'écrire
- Thé Citron, You're the first, the last, my everything.
- Sarvati, Thé Citron
- Cortisone, La tempête de Luxun
- Manuel, Je m'souviens
- Oriane, La Lettre de Mademoiselle O
- Béatrice, Ecriture
- La Grenouille 45, La mythomanie du stylo-plume
- Roxane, Ces mots que l'on n'écrira jamais
- Rosalie, Dedans, dehors
- Aahraz, Thé citron...
- Céleste, Le stylo d'Elisabeth
- Des pas perdus, Hors d'usage.
- Lilyah, Un mariage parfait.
- Carole, Orpheline.
- Mona Lisa, Vivre pour soi.
- Iowagirl, Stylo.
- Phildp, [sans titre]
- AïeAïeAïe, Nous avons rêvé...
- MuLM, Une belle journée.
- Jube, Pendant qu'il est encore temps.
- Semeunacte, Innocente et immaculée.
- Helenablue, Jeu d'écriture.
- Chocoladdict, Elle imagine, elle imagine.
- Mr Kiki, Le meilleur.
- Zorane, On est mercredi.
- Adèle, La non-lettre.
- Saravati, La tasse bleue.
- Liliak, Thé amer.
- Marie-Laure, Écrire.
- Nouvel Hermès, Une vie tranquille.
- La plume et la page, Manque d'inspiration.
- Didier, Thé citron entre les mains.
- Libelul, Quelques mots.
- Izzie, Trop sucré.
- Pierre Valley, Sans titre
- Cricri S., Dans tes yeux
- Virginie, Couleurs ancrées
- Marie (unefillelatoile), Sans titre
- SoaMtl, Jeux d'écriture
- Sebdu62, Jeu d'écriture
- Alice, A la main
- Double je, L'encre bleue...
- Cocoon, Réver d'un Ailleurs
- Annick, ...
- Kory, Jeu d'écriture
- Muller, A mille mains
- Br'1, Un si petit jardin, mais un jardin quand même.
- Laure, Laissez-moi écrire !
- Yueyin, Jeux d'écriture(s) - saison 2
- Evilys, Un dernier mot...
- M1, Encre rouge.
- Izzie, Pipe au thé.
- Izzie, Thé biscuit.
- Izzie, Le bleu de mon père.
- Archibalt, Le bon génie et Hélène.
- Sophie L., Thé à la menthe ou t'es citron.
- Jacinte & Pétra, Remise en question !
- L'or des chambres, L'ombre du citronnier
- Anjelica, Sans titre
- Cecile, Une page, une plume
- C., L'amour
- Mary Longwood, L'absence, dit-il...
- Bulles d'infos, Qu'il vienne c'est tout.
- Melle Jones, Cette page blanche...
- La Mère Minos, Lettre morte.
- Eve G., La lettre de projet de vie.
- Thé Citron, Est-ce qu'il sera là ?
- Manon Styx, La douzième relique de Manon.
- Caro, A consommer avant le 20 mai.
- BB, Le 20 juin.
Une liste non exhaustive mais qui donne une vision de ce que nous avons fait tous ensemble.
Le jeu se termine mais le blog ne dort pas. On compte sur vous pour continuer à commenter, à échanger, à partager... jusqu'à la 5e édition !
10:54 Publié dans Jeu n°4 | Lien permanent | Commentaires (54) | Envoyer cette note
17.06.2010
Les jeux sont ouverts
La seule contrainte est de s'inspirer de cette photo. Les textes peuvent prendre la forme, le style, la longueur que vous souhaitez.
Le jeu n°4 est officiellement lancé ! Nous attendons vos textes pour le jeudi 20 mai au plus tard. A vos claviers, surprenons-nous et continuons de nous régaler les uns les autres !
20:01 Publié dans Jeu n°4, Tous les jeux | Lien permanent | Commentaires (178) | Envoyer cette note
15.06.2010
La lettre de projet de vie
Par Eve G.
En fait il aurait mieux valu qu'il fasse un temps de merde pour pouvoir se concentrer un peu là j'ai juste envie de m'allonger dans l'herbe et ronquer un coup.J'avais sorti ma tête d'ange.
22:23 Publié dans Jeu n°4 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Est-ce qu'il sera là ?
Par Thé Citron
[ La suite des aventures de Bérénice et Jérémy, c'est maintenant...
Lundi 15 Juin, 17h25.
Mesdames, Messieurs, le train va entrer en gare de Nîmes d'ici quelques instants. Vérifiez que vous n'avez rien oublié derrière vous...
Est-ce qu'il sera là ?
Mon Jérémy.
Mon amour.
Comment j'ai pu partir si lâchement ?
Est-ce qu'il sera là ?
Divagation...
17h32.
C'est le moment de vérité.
Il fait froid mais j'ai mis la petite robe qu'il adore. Ou qu'il adorait.
J'ai aussi mis mes plus belles chaussures. Celles qui me feront toujours mal aux pieds.
Et le chapeau blanc qu'il adore. Ou qu'il adorait.
Peut-être qu'il me couvrira avec sa veste, comme avant.
Est-ce qu'il sera là ?
Y a trop de monde dans ce hall, je le vois pas...
Est-ce qu'il sera là ?
Est-ce qu'il a reçu ma lettre ?
Oui, je sens que oui. Il ne peut pas en être autrement...
C'est lui !
Retourne-toi !
Eh merde...
Je vais m'asseoir.
Quand le hall se sera vidé, j'arriverai peut-être à le voir !
Il viendra.
Il faut qu'il vienne.
Je fais quoi sinon ?
Il viendra.
Il le faut, vraiment.
17h38.
Tiens une place.
A côté de cet homme qui semble plongé dans ses pensées. La tête dans les mains. En voilà un aussi perdu que moi. Je vais me sentir moins seule...
Est-ce qu'il sera là ?
22:23 Publié dans Jeu n°4 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
La douzième relique de Manon
Par Manon Styx
Manon assise à la table, sur la terrasse privative de sa chambre d’hôtel, fut étonnée quand le pharmacien lui tendit un stylo et une feuille.
« Tu comprends bien que ta conduite est répréhensible, n’est-ce pas Alexandra ? Tu vas donc copier des lignes, une page entière. Tu écriras la phrase suivante : je suis une très vilaine fille et je dois me faire mater. Et magne-toi, tu me rejoins dans la chambre dès que tu as fini, j’ai d’autres joujoux très spéciaux qui t’attendent. »
La jeune femme acquiesça innocemment puis sourit dès que cet empaffé de pharmacien lui tourna le dos. Cet homme était apparemment un gros pervers, elle ne l’avait pas soupçonné quand elle l’avait vu la première fois à la pharmacie. C’était le jour précédent, Manon furetait dans le magasin puis avait discrètement fourré des médicaments dans ses poches. Elle les aurait bien payés mais le soucis était l’ordonnance qu’elle n’aurait jamais pu obtenir. Et cet empaffé de pharmacien l’avait grillée. Mais Œil-de-Globule (ses yeux étaient hideusement globuleux) n’avait pas appelé les flics, il avait préféré l’entraîner dans l’arrière boutique pour lui faire la morale et lui proposer une autre solution à l’amiable : le retrouver le lendemain dans un hôtel charmant en dehors de la ville. Manon ne se fit par prier et accepta immédiatement.
Et maintenant, elle était là, avec cet abruti qui n’avait surement prévenu personne de sa présence ici et surtout pas sa femme. Œil-de-Globule était en position de force, ça serait plus facile. Il avait son nom, son prénom, son âge et son adresse, grâce à la fausse carte d’identité de Manon qu’il avait absolument voulu voir, histoire de lui mettre encore plus la pression en cas de refus. Il pensait pouvoir la dénoncer à tout moment à la police. Il ne s’attendrait donc d’autant plus à rien. Manon était la vilaine, pas lui.
La jeune femme écrivit jusqu’à ce que la page soit entièrement noircie, puis se leva pour rejoindre le Œil-de-Globule dans la chambre. Il avait sortit tout un tas d’accessoires d’une mallette noire, les menottes étant les moins glauques du lot. Manon s’approcha et lui tendit la feuille. Le visage d’Œil-de-Globule se déforma de colère.
« Quoi ? Je vais te découper en rondelles et c’est pas une image ? Je crois que t’as pas bien compris petite put… »
Tout se passa très rapidement, Manon lui enfonça le stylo-plume dans le cou. Le sang qui jaillit l’éclaboussa un peu. Chiant le sang, pas moyen de sortir d’un meurtre sans être salie. La vue était sympa mais en avoir sur soi rallongeait la phase de nettoyage d’après truicidage. Œil-de-Globule poussa un cri bref puis tituba et s’écroula sur le lit, inerte mais ses yeux grands ouverts fixés sur la jeune femme.
« Bien, Œil-de-Globule, tu sais au moins faire une chose bien : tomber comme il faut sur le lit, tu dois être lourd sale empaffé, j’aurais pas aimé devoir te porter. Bon tu dois essayer de bouger mais tu ne peux pas, tu es paralysé. A la base j’avais prévu une seringue pour t’injecter le médoc mais tu m’as simplifié la tache avec ton stylo, j’ai mélangé l’encre avec et hop, plus facile à manier sans que tu t’affoles. Tu es pharmacien, tu dois savoir qu’il faut très peu de ce produit pour un bon résultat. Si je te laisse comme ça, tu vas crever dans environ une heure, jusqu’à ce que tous tes membres soient paralysés puis enfin ton cœur, qui va s’arrêter. Mais ça serait bête de te laisser comme ça, je vais plutôt faire ce que j’ai écrit, te découper un peu. Tu sais Œil-de-Globule, tu as oublié la règle n°1 des tarés : quand tu t’attaques à une personne, assure-toi d’abord qu’elle est moins cinglée que toi. Ça sera douloureux je te préviens, mais t’inquiète, tu ne pourras pas crier. »
Manon sourit en imaginant la panique intérieure d’Œil-de-Globule. Elle partit prendre ses accessoires à elle, dont un long couteau de boucher et un puissant sécateur pour les os. Et elle fit des tranches avec ses mollets et ses bras, qu’elle essaya de couper le plus fin possible, pour le côté esthétique. Quelques coups de lacération dans le ventre, juste pour le fun. Œil-de-Globule ne bougea jamais, ne cilla même pas, le seul mouvement fut celui des ses larmes coulant sur ses tempes.
Au bout de 20min, Manon, rassasiée, lui trancha l’artère fémorale. Il avait assez douillé et elle était humaine après tout. Enfin presque.
Elle nettoya tout derrière elle, changea de perruque, de vêtements, puis sortit en serrant fort dans sa poche le stylo-plume essuyé, des frissons agréables d’émotion lui chatouillant la nuque. Quel bel objet… Elle le mettrait dans sa pièce secrète de reliques. Le stylo-plume serait la douzième, et une des plus originales.
22:23 Publié dans Jeu n°4 | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Le 20 juin
Par BB
L’homme est assis à sa terrasse. Il s’imagine comme un croisé tout dévoué à sa cause. Ses fidèles voient en lui un guide, un précurseur, un génie. Certains se laissent corrompre par les plaisirs de la chair ou par les fausses joies des biens matériels. Lui est un ascète, il n’apprécie que peu de choses. La vue sur ses chères montagnes, un thé chaud mais pas trop et son stylo, celui qui lui permet de signer les lettres que ses secrétaires lui écrivent.
Mais avant de boire son thé, il faut lire le courrier que Rudi lui a apporté. Non pas Rudi, c’est vrai, il l’a trahi, comme sa main le trahit parfois, une conséquence de ses blessures du temps où il n’était pas encore lui-même, pas encore conscient de la réalité de ce monde. Heureusement Martin, fidèle et dévoué, est là. Il note tout ce qui jaillit de l’intellect de l’homme assis.
Un petit coup de vent déplace ses cheveux, mais sa main ferme pour une fois répare cet affront. L’odeur du thé le ramène à la réalité, il faut lire tous ces rapports toujours trop longs et trop éloignés de ce que pense et ressent la population. Heureusement, lui sait ce que veut son peuple, et il va lui donner. Jésus est mort sur sa croix, Odin a sacrifié un œil pour la connaissance, lui donne sa vie, son énergie pour eux.
Les nouvelles du sud sont excellentes, il faut donc maintenant faire ce qui était prévu avant ce retard. Aller vers le soleil levant pour sauver la civilisation des hordes barbares, et offrir leur vraie destinée à ceux qui le méritent. Mais il hésite. Si c’était le pari de trop, celui qui ferait tout perdre. Le gros promet qu’il réussira cette fois et le fermier garantit que la place sera nettoyée avant l’arrivée des premiers colons. Ils lui disent tous que cela ne peut pas échouer, même les lois de la nature le garantissent. Le rouge se dilue dans le brun, tout le monde le sait.
Il prend sa tasse, hume son thé, encore un peu chaud. Au loin, un aigle plane au dessus des cimes. Il se dirige vers l’est, impérial. La décision est prise, il vide sa tasse, prend son stylo, et signe.
« Martin, envoyez ce message à Keitel et von Brauchitsch. ».
Avant que son secrétaire ne quitte la pièce, il ajoute :
« Martin, nous allons changer le monde, aujourd’hui, le Reich a définitivement choisi la voie de la grandeur. »
Sur ces mots, il se resservit une tasse de thé.
22:15 Publié dans Jeu n°4 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
A consommer avant le 20 mai
Par Caro
Han dis donc, ça fait déjà une heure qu’on est au téléphone ! J’ai l’oreille qui chauffe !
- …
- On se rappelle sur le fixe ? J’ai encore un truc énorme à te raconter !
- …
- Ok, à tout de suite !
22:05 Publié dans Jeu n°4 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
03.06.2010
Lettre morte
Par La Mère Minos
Cela faisait une bonne heure qu'elle avait la tête couchée sur la table contemplant le stylo plume qu'elle venait d'acheter. Elle avait l'habitude d'écrire avec un bic mais elle savait que sa mère préférait largement l'écriture à la plume et comme cette lettre lui était adressée elle voulait mettre toutes les chances de son côté.
Oui, pas facile de lui écrire, d'autant plus qu'elles ne s'étaient pas parlées depuis vingt ans, depuis qu'elle avait quitté la maison sur un coup de tête, pour des broutilles. Rien de très grave en somme. Des mains avaient été tendues et refusées. Le temps, les événements les avaient séparées. Les deux s'étaient mises à penser que c'était à l'autre de faire le premier pas. Elles avaient attendu en vain.
Maintenant il était temps. Alors les mots vinrent. Sur le papier, elle retrouva la complicité qu'elle avait avec sa mère étant enfant. Des excuses, des anecdotes, l'énumération de ses erreurs, des échecs accumulés loin d'elle, elle lui dit tout. Elle lui dit aussi combien elle regrettait ce temps perdu et à quel point elle aimerait revenir en arrière, à l'époque où petite, elle n'avait qu'à se jeter dans ses bras pour effacer l'ardoise, écoper d'un baiser et d'un mot tendre qui la rassuraient.
En cachetant la lettre, ses derniers regrets et remords s'envolèrent. Cette lettre serait celle de la réconciliation, il ne pouvait en être autrement. Elle embrassa l'enveloppe sur laquelle elle venait d'écrire en lettres larges et rondes :"Maman". Elle se leva, régla au serveur le thé qu'elle n'avait pas touché, traversa la place, croisa d'anciennes voisines et amies, les salua. Longeant l'Église, elle croisa le prêtre qui la gratifia d'un large sourire empreint de miséricorde. Elle poussa la grille en fer forgé du petit cimetière attenant, le traversa, caressa quelques pierres et posa la lettre sur une tombe qu'elle embrassa.
Oui c'est sûr, sa mère ne pouvait que lui pardonner à présent.
14:31 Publié dans Jeu n°4 | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
31.05.2010
Cette page blanche...
Par Melle Jones
Cette page blanche a l’odeur de notre rencontre. Quand mon visage se trouve à quelques centimètres de sa surface, mes narines hument le parfum du bois déchiqueté, broyé, trempé, de notre romance innocente, presque pure, déchiquetée pareillement.
Vois-tu, j’ai un peu du mal à la noircir sauvagement.
Pourtant, j’ai enfoncé la pointe de ma plume avec rage dans d’innombrables pages avant elle. Tu as souvent reçu mes mots enfoncés violemment dans le papier, sans trop broncher, même quand l’encre avait un goût amer.
L’idéal serait que ma plume parcoure la surface blanche avec la douceur d’une matinée de printemps, que les mots rebondissent sur le papier moelleux, avec la même affection qui m’enveloppe toute entière. Que j’arrive, quelque part, à partager avec toi cette lumière paisible qui tombe tranquillement sur la fin de notre histoire.
Lorsque j’aurais enfin souillé cette page immaculée de cette lucidité toute nouvelle, je tuerai de manière définitive celle que j’ai été, celle dont le parfum se mélangeait au tien et que je retrouve un peu quand mon nez effleure ce bout de papier.
Alors, j’ai un peu peur d’y poser réellement la pointe de ma plume et de laisser l’encre couler joyeusement dans les sillons encore blancs.
Je ne suis pas sure que nous soyons encore suffisamment intimes pour que tu lises mes confidences, mes histoires d’oreillers, ces mains d’autres hommes empoignant mes hanches, mes échecs et mes complexes. Je ne suis pas sure que tu sois prêt à admettre qu’ils ne sont que le reflet de ton empreinte sur ma peau.
La vérité, c’est qu’une partie de moi désire ardemment détruire le parfum de notre histoire, le remplacer par celui de l’encre fraîche, noircir cette dernière page afin de la tourner définitivement. Maintenant que je vois clairement ton fantôme qui plane sur chacune de mes actions, je voudrais qu’il disparaisse. Tranquille, apaisé.
L’autre partie est trop lâche pour aller de l’avant. Elle se trouve bien confortablement installée derrière les blessures que nous nous sommes infligés. Elle voit comme il est commode d’excuser chaque faux pas. Elle est un peu connasse sur les bords en refusant de grandir.
Je ne sais pas laquelle va gagner. J’hésite, comme toujours, à prendre une décision. J’ai aussi quelques scrupules à pointer un doigt accusateur sur toi. Ce serait un peu égoïste, un peu facile, libérateur.
Tout de même, cette page immaculée mériterait qu’on la souille un peu, tu ne trouves pas ?
18:41 Publié dans Jeu n°4 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note







