30.04.2010
Renaissance ?
Par Xeloulou
22:37 Publié dans Jeu n°4 | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
Panne d'inspiration
J'en suis à mon sixième roman, je suis reconnue mondialement. On s'arrache mes livres, mon style plaît mais depuis quelque temps plus rien du tout. Je n'en dors plus, mon éditeur commence à se demander s'il a misé sur le "bon cheval".
Puis j'en ai eu marre, j'ai pris quelques affaires, mon stylo porte-bonheur et j'ai roulé, roulé des heures et des heures. Et là soudain une belle maison coloniale et une pancarte : chambre à louer. J'ai frappé à la porte, une charmante vieille dame m'a accueillie, je me suis sentie soudainement apaisée. Elle me montre ma chambre (dans les tons beiges et quelques touches dorées), m'explique le règlement et me laisse défaire ma valise. Il y a un balcon, une belle vue et surtout un tilleul qui en a vu passer du monde.
Sur ce balcon il y a une table toute simple mais ancienne et je ne sais pas pourquoi je m'y suis installée, j'ai repris mon stylo quelques feuilles et les mots sont venus. Je ne sais pas si c'est l'ambiance du lieu, le vent mais j'ai mis le mot fin sur mon manuscrit. Je suis restée quelques jours et puis je suis repartie heureuse. Mon roman a battu les records de vente et mon éditeur est aux anges.
Parfois j'y retourne juste pour le plaisir et me reposer.
20:10 Publié dans Jeu n°4 | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
36 copies (Espoir et nostalgie : mosaïque)
Trente-six copies, et seulement huit au-dessus de la moyenne. Imane, bien sûr, mais aussi Grégory, Sacha et Guillaume. Et Rayan ! Lui, c'était la bonne surprise de ce paquet. Au début de l'année, il filait un mauvais coton, mais au fil des saisons, son attitude avait changé, il avait pris conscience des moyens à déployer pour atteindre son objectif. Il passerait en S, elle l'espérait. Ce n'était pas un ange, loin s'en faut, mais il était pétri de qualités qui ne demandaient qu'à s'épanouir avec le temps qui ferait son oeuvre si on lui en laissait la chance.
Il faisait si bon aujourd'hui. Avant de s'attaquer au paquet de Seconde C, elle avait mis le linge à sécher dehors, et avait hâte de le ramasser pour l'étreindre, y plonger le nez et se délecter un court instant de l'odeur de vent et de douce chaleur dont il se serait gorgé.
Elle corrigea une faute d'accord sur l'annotation de la première copie du paquet, but une gorgée de thé, pensa furtivement à sa maman qui lui avait offert ce service sans raison particulière, la semaine précédente.
Elle se dit qu'il serait plus sage de relire ses commentaires sur les copies, si elle avait laissé passer une faute sur la dernière corrigée, les autres en étaient peut-être aussi truffées. Elle avait un peu la flemme... Elle faisait la même chose au lycée. Comme ses élèves, qui lui rendaient leur feuille sans même prendre le temps de vérifier l'orthographe ou la cohérence du discours.
Ses élèves... qu'elle haïssait parfois, le jeudi, après une heure de cours pénible pour eux comme pour elle, en cinquième heure de la matinée. Mais pour lesquels elle ressentait aussi une sincère affection. Après, souvent, a posteriori. Elle essaya de choisir, d'élire celui qui l'avait le plus marquée. Sandra ? Jean-Philippe ? Gurkan ? Héloïse ? Olivier ? Yasmine ? Damien ? Benjamin ? Il y avait les brillants, ceux qu'elle avait eu plaisir à lire, ceux qui animaient le cours, ceux qui l'avaient fait rire - volontairement ou pas (Albane avait pour deuxième prénom Anne... il fallait le faire quand même ! Parents cruels !). Les timides qui lui rappelaient celle qu'elle avait été. Il y avait les enthousiastes, qui lui avaient ouvertement témoigné leur affection. Elle repensa à la classe de ES qui lui avait offert, pour la naissance de sa fille, une adorable petite robe vermeille qu'elle avait repérée dans un catalogue et s'apprêtait à acheter. Coïncidence ? Elle avait précieusement conservé ce petit vêtement désormais bien trop petit pour sa puce et attendait de pouvoir lui en raconter l'histoire.
Jean-Philippe... elle entrait régulièrement son nom sur Facebook. Elle aurait aimé savoir ce qu'était devenu ce grand garçon élancé qui lui avait fait clamer un jour, lors d'un conseil de classe, que c'était pour des gens comme lui - motivé, humble, à l'écoute, avide de connaissances, poli, reconnaissant - qu'elle se levait le matin. Elle aurait aimé lui écrire, juste une fois, pas une correspondance suivie, mais simplement pour qu'il sache qu'il l'avait marquée.
Elle songea un instant à sa classe de T. elec de cette année. Des petits chiots bien gras, gavés - de Playstation (ou autre console dont elle ne connaissait même pas le nom, elle n'était vraiment pas dans le coup), MP3 et matchs de l'OL tous les mardis soirs sur TF1 - qui n'avaient ni faim ni soif d'apprendre quoi que ce soit. Elle avala une gorgée de thé - du Wedding Imperial - qui chassa de ses pensées ces élèves qui lui avaient pourri la vie, cette année. La faute à qui ? La leur, la sienne, celle du système, celle de la direction, à pas de chance : il suffit parfois d'une alchimie malheureuse pour qu'une classe ne tourne pas. Un manque de soutien de la hiérarchie face aux problèmes auxquels elle avaient été confrontée (comment ça, elle n'avait juridiquement pas le droit de mettre 0 à l'ensemble de la classe qui, collectivement, s'était octroyé le droit de ne pas lui rendre le devoir pour mardi dernier ?). Cet examen aussi, auquel elle se devait de les préparer, mais qui ne suscitait chez eux pas le moindre soupçon d'once de chouïa d'intérêt... éphémère, le dilemme sur la nécessité de changer ce système encroûté, sclérosé, et le manque de moyens financiers et humains qui allait mettre à mal les grands projets balancés sur le papier par quelque bureaucrate.
Ses pensées s'arrêtèrent un instant sur Mohamed, prénom sur lequel elle ne mettait pas de visage. Sur lequel elle n'en mettrait plus puisqu'il était mort. Le dernier jour des vacances de Pâques. Pas de casque. C'était pourtant un mec bien, discret, aux dires de ses enseignants, même si par le passé... Pourquoi lui et pas sa grand-mère à elle, qui à bientôt 98 ans s'enfonçait dans la démence sénile, était torturée par des démons irréels qui lui infligeaient une douleur et une peur bien réelles, elles...
Elle porta la tasse à ses lèvres. Le thé était tiède à présent. Elle rassembla ses esprits, ses copies et se leva pour aller chercher son carnet de notes.
19:38 Publié dans Jeu n°4 | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
Torture citronnée
Par Zok
T'es une grosse conne et je vais même pas te le dire, je vais même rester zen et sourire.
Je reprends une gorgée de thé histoire de rincer ma gorge des vilains mots que j'étais sur le point de balancer.
« Tu vois, ce que j'adore avec l'écriture, c'est ce moment précis. Et quand je dis moment, c'est bien plus qu'un moment. Ça peut être des heures. De la contemplation, peut-être ce qu'on appelle un état second. »
Je déteste quand on case des « qu'on appelle », ça me met hors de moi. Et gnagna ce mystère qu'on appelle la vie, et blabla ce sentiment qu'on appelle l'amour...
Je hoche la tête, comme accroché par les mots qu'elle vient de prononcer. Confortée dans son délire elle reprend.
« C'est le meilleur moment. La page blanche ! Ce vide qui aspire ton cerveau dans les méandres de la création. Mais tu vois sûrement de quoi je parle, tu écris toi aussi. »
Hochement de tête, je suis calme mais je me tais, c'est encore nouveau pour moi. Beaucoup plus de choses sortiraient de ma bouche que cette petite phrase sympathique que je prépare depuis tout à l'heure.
« Depuis que j'ai découvert que j'avais ce don, je savoure cet instant privilégié, celui où mon cerveau va poser les premières pierres de ce qui sera au final une histoire dont je serai fière. Et tout ceci prend du temps. C'est souvent ici que je passe ces périodes de quasi transe. »
Son bras droit balaye l'espace autour d'elle, sur cette terrasse, incluant cette table et ces chaises d'où mon cul crie sa douleur depuis maintenant... quoi... 7 minutes seulement ? Putain, que mes premiers pas dans la sociale-diplomatie sont douloureux !!
Je hais mes potes. C'est pour ça que j'en ai plus beaucoup peut-être. Ils n'arrêtent pas de me dire que je suis un asocial aigri qui n'a jamais un mot gentil pour personne, qui ne s'intéresse à rien de ce qui ne le concerne pas et qui est de plus incapable de retenir le moindre prénom des personnes avec qui il parle.
« C'est pour ça que je laisse toujours une feuille blanche ici, avec ce stylo plume que j'adore. J'écris toujours le plus gros de mes idées au stylo plume. »
Pour prouver que je n'étais pas ce qu'ils décrivaient, j'avais pour mission de discuter au moins dix minutes avec quelqu'un à ce salon du livre et de leur raconter ensuite ce que j'avais retenu de la personne qui devait être un ou une inconnue.
Mon choix fut rapide, il fallait que je voie cette fille qui avait écrit ce livre qui m'avait scotché le mois dernier. Une fois devant son stand, je lui ai balancé quelques compliments en lui disant que j'avais vraiment eu un coup de cœur pour ce bouquin. Il y avait du monde et peu de temps pour moi alors elle m'a invité à prendre un verre chez elle un jour, le genre de truc qui arrive quand tu t'y attends pas. Visiblement, je lui plaisais.
« En hiver, je conserve la même recette, mais au chaud. Pour garder l'ambiance, je rentre même la table et les chaises de jardin à l'intérieur. »
Je suis reparti avec l'adresse et la certitude de gagner mon pari, voire de la baiser, ce qui me donnait une motivation de plus pour faire un effort de concentration. Mais tous mes efforts sont vrillés par cette perceuse de cerveau qui s'écoute parler depuis le début. Finalement, je me dis que je ne suis pas le seul à ne m'intéresser qu'à moi.
Voilà au moins 17 jours que je suis là, assis, à l'écouter parler d'elle et de sa feuille blanche.
Elle m'explique en gros qu'elle passe des heures à jouir virtuellement d'une prose qui sortira dans la douleur alors que je peine à trouver du temps pour écrire les milliards d'idées qui me traversent la tête chaque jour.
Je la fixe dans les yeux en me redemandant encore une fois comment une telle truffe a pu enfanter un tel chef-d'œuvre. Bordel d'injustice.
« Mais peut-être je t'embête, je parle peut-être trop... »
Vu le ton, ce n'était pas une question, mais franchement, il me tardait de lui remplir sa feuille blanche de merde. Je prends son stylo plume pourri et gribouille rapidement quelques mots sur sa feuille avant de me lever et de quitter cet enfer.
*Oui, tu m'emmerdes, j'ai mal au cul sur ta chaise qu'on appelle chaise en fer de merde, je me casse !
PS : On n'écrit pas à l'encre bleue c'est moche, et le thé citron c'est pour les grand-mères*
Une chose est sûre, ne cherchez jamais à savoir qui se cache derrière un livre, une chanson ou une voix au téléphone qui vous a fait vibrer, vous ne feriez que tuer le mythe.
Ha oui ! Autre chose ! Je repousse mon entrée dans une éventuelle vie sociale, et j'emmerde mes potes !
10:52 Publié dans Jeu n°4 | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
Long courrier
Par J.
Il y a si longtemps que je ne t'ai pas écrit.
C'est que je t'oublie vois-tu, je t'oublie de plus en plus, ou plutôt sans t'oublier, je te mets un peu plus de côté. En somme, je vis.
Mais ce matin, je suis sur la terrasse en face de cet oranger, tu sais, celui qu'on avait planté ensemble, avant même que les travaux soient commencés. C'était notre commencement à nous.
Il a bien poussé et lui reste encore debout, c'est bien.
Je ne t'ai pas dit mais il fait bon aussi, et beau. La semaine a été magnifique. Je sais que tu le vois ce beau, sans doute d'ailleurs y participes-tu mais le sens-tu comme je le ressens? C'est parfois ce qui m'attriste.
Plus que le simple fait de me manquer, car on s'y fait finalement, je n'ai que ce mince regret. Je pense à toi, à ce que tu étais et je voudrais que tu puisses goûter ce thé, que tu entendes le vent siffler, que tu lises ton journal et que le soir tu fumes encore une cigarette avec moi en tenant ton verre de vin du bout des doigts.
Hum...ce verre de vin, pour moi toute ton essence est là.
Pour le reste je t'ai tout dit et je n'ai pas de nœuds. L'amour, je t'ai laissé partir avec tellement l'allègement nous semblait important. Il m'en reste par ailleurs encore un peu.
Néanmoins, comme j'ai menti tout à l'heure et que je pense bien sûr à toi, surtout ici, ce soir j'ouvrirai une bouteille de vin.
Je suis seule mais ce n'est pas grave,
invite-toi un peu et je boirai pour deux.
08:58 Publié dans Jeu n°4 | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
J'ai déserté ma vie
Par La Vilaine
J'ai déserté ma vie. Je suis partie, en griffonnant quelques mots à la hâte, dans le style d'Olivier Adam "je vais bien ne t'en fais pas" et puis je me suis éclipsée, en direction du Sud. Du soleil. De l'absence des autres, j'en fais ma sérénité, mon bien-être. J'avais envie de me retrouver, de me parler en solitaire, de n'être que moi-même, libre d'autrui. Depuis mon arrivée, tous les matins, je vis le même rituel avec la passion d'une assoiffée en pleine traversée du désert : je me lève, je me douche, je me pare d'une tenue légère (une tenue cool, comme dirait mes enfants...) et je vais en terrasse où je me confronte à l'azur de cette mer qui m'apaise. J'aime le léger clapotis qui bruisse à mes oreilles. Le silence. Le soleil qui se lève et qui me brûle déjà de ses ardents rayons. J'aime ce thé du monde, que j'ai plaisir à redécouvrir chaque matin, alors que je suis d'ordinaire si café. J'aime ma sérénité retrouvée. Je me sens écorchée vive, même si je ne le suis pas. Tous les matins je contemple mon stylo, le seul et l'unique, le fétiche, celui qui me suit, me poursuit et me hante depuis des années : pourquoi je n'écris plus. J'ai tant écrit, les mots venaient d'eux-mêmes, de cette manière si spontanée que j'aimais tant. Écrire, c'était une thérapie, un refuge et une passion, également. Alors pourquoi je n'écris plus. Puisque j'en souffre...? Je me sentais prisonnière de ma vie, de ce quotidien parfois si oppressant et qui paradoxalement, m'a inspiré nombre de mes écrits. J'étouffais de cette résonnance de pourquoi sans réponse dans les profondeurs de mon être. Il fallait que je parte. Que je fuis. Que je m'échappe, que je m'évade. Et puis la réponse m'est venue un matin, sans même y réfléchir davantage. Il fallait que je parte, pour mieux revenir. L'inspiration de mes pensées était toujours là, il suffisait que je prenne le temps. Le temps de l'écouter. Le temps de partir, aussi. Que je donne à mon esprit son opportunité de vagabondage. Oui, c'était juste cela dont j'avais besoin, finalement, partir pour mieux revenir et mieux écrire.
08:46 Publié dans Jeu n°4 | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
29.04.2010
Jamais deux sans trois !
Ce jeu d’écritures n'est pas un tag, pas un concours, surtout pas une compétition littéraire.
Vous n’êtes pas blogueur mais souhaitez participer ? Envoyez nous un mail à a1000mains@gmail.com.
18:56 Publié dans Jeu n°3, Tous les jeux | Lien permanent | Commentaires (103) | Envoyer cette note
Jeu n°3, vos participations

Cette photo nous a réunis, nombreux et différents. Les auteurs sont des habitués du jeu ou des nouveaux venus. Ils viennent d'horizons et d'endroits variés de la blogosphère. Tant mieux.
Il y a une vraie richesse dans les textes publiés. Cette photo nous a emmenés partout, elle nous a fait traverser toutes les frontières, celles qui séparent les pays, les sentiments, les genres, les classes sociales, les âges. Dans ce contexte, faire une liste des billets mis en ligne n'a pas beaucoup de sens. C'est juste une liste. Elle a néanmoins le mérite de nous représenter, tous ensemble. Alors nous voilà :
Zok, Une voie, comme un murmure.
Homecats, Mes escarpins aux pieds.
Marie (Une fille & la toile), Un jour, je partirai.
Natacha, Le mâle du pays.
Thibaudd, Je ne suis pas certain de vouloir savoir.
Butterfly, Non... je n'ai pas peur
Solo, Partir.
e-Milou, perdue
Une idea, Une lettre de plus.
Anne-Laure, Jessika avec un K.
Skeptikos, Droit derrière.
Bluebird, La chance.
La Mère Minos, Moins que rien.
Sarkofrance, Jeu d'écriture.
CC, La vie commence aujourd'hui.
Miss Brownie, A la poubelle.
Mrs Clooney, Tu vas rire, je te quitte.
Seb Musset, La fille du 15 mars.
Le coucou de Claviers, Abstention.
Xavier Bignet, D'un pas résolu vers le rêve.
Rimbus, Voter le 21 mars, pour oublier le 21 avril.
Nouvel Hermès, Série B.
Virginie B., Tu te souviens ?
Shaya, Plus jamais sans elle.
Jacinthe, Et j'entends siffler le train...
Dedalus, Loin des yeux.
Loupy, Let her go.
Angie, Ma raison de vivre m'a quittée.
Gabale, Une vérité de l'existence.
Céleste, La fille à la valise.
Thé citron, Working girl.
Captainhaka, Bonne soirée mademoiselle.
Véronique, Guess what !
Maghnia, Maman, attends-moi !
Chrys, La putain.
Ckankonvaou, A la bourre.
Laurent Nicolas, [sans titre]
L'auvergnate, Elle, celle de ses rêves.
Jube, Départ imminent.
Melle Flag, Dans ma valise, j'ai...
Arf, Capture.
Madame Zaza, A faire maigrir Richard Anthony.
Bibi, La dernière photographie de Julia.
Mathieu L, Déception.
Mélodie, L'inconnue de la gare.
Gabrielle, Don't look back.
La rénovitude, Transports en commun.
Epaminondas, Elle sourit, sans doute.
Dangeronimo, Sacrée ambiance.
Angélita, Partir mais ne pas errer sans but.
Aude Nectar, 90 ans et quelques larmes.
Mnee, Il m'aime tellement...
Lautreje, File, sauve-toi ma belle !
Xeloulou, Partir.
Madame Tout va bien, Toujours en retard.
Armelle, La robe blanche.
Fajua, Lointaine.
Bbflo, Macadam Blues.
Emmanuel, On ne tient pas la porte aux dindes.
Helenablue, La bombe.
Chocoladdict, Double vie.
Chouyo, Errances ataviques.
Aline, C'est moi qui décide.
La femme coupée en deux, Conte cruel.
Br'1, La petite robe courte.
Feuille, Guess.
La grenouille, Elle en a marre.
Balmolok, Gonflée à bloc.
Monsieur D., Le message vocal.
Des pas perdus, La femme rouge.
Clo, Au sujet d'une photo de dos.
Izzie, Tais-moi.
Izzie, Négresco.
Appas, Adieu, petite bombe.
Fringe box, Savoir partir.
Roxane, La petite voix.
RozyCruz, Don't look around.
Val, Pas de panique.
Rainette, Transit.
Julhya, Envie d'ailleurs.
Lizly, Blanche Neige.
PhilBret, Une destination en or.
Carole, Chabadabada.
Otir, Regard trouble.
Myriam, In cauda venenum.
Bulles d'infos, Question de goût.
Cicer, Jeux de mains.
Madame Kévin, Il m'a dit.
M1, Love is in the air.
Béalapoizon, La revanche des blondes.
Méline, Inspirés, respirez.
Ray Dacteur, Serrée dans sa jupe.
Fafa, Allo ?
Eric Mainville, Une vie nouvelle.
Gildan, Precious, little Précious.
Lou, Drôle de dame.
MissBrownie, Indiges(ta)tion.
Didier, Nos ombres et nos lumières.
Lunaleo, Re-trouvailles.
Kindgay, Nuit d'été.
Lo, Une gare, encore une.
Lise, Deviner quoi ?
Cricri, Echec et mâle.
Libelul, Voyage au bout de la nuit.
Koyangi, Jolie poulette.
Homéo, Une fille en jupe.
Izzie, L'amour artificiel.
Homer, Belle de nuit.
AurélieTheBest, Clémence est sans indulgence.
Kahlan, Tentative d'existence.
Zok, Working Girl.
Zok, Vieillesse - Haine en Mi (mineur).
Louloute, Projections et partage.
Khanouff, L'orage après l'orage.
C. Mon oeuvre.
La plume et la page, Revoir Big Ben.
Bloody Mary, Ambiguïté.
Sophie L., Vendre la peau du vieux avant de l'avoir tué.
Faustine, Un de perdu - dix de retrouvés !
George Sand et moi, L'ours et la poupée.
Cyril, Le salaud que je suis.
Clara, Pas le droit.
Metextoff, Femmes en nocturne.
Jean-Jacques, Tu veux ma photo ?
Jean Georges, Le fantasme du porche.
Alf, La journée de la jupe.
Mr Kiki, La Passante
Snookerliar, La magie de l'instant.
Xavier, L'APPEL (How I Feel Today ?)
Le voyageur, Photo cliché
Yueyin, Jeux d'écriture
Pour mieux diffuser les informations, un compte Twitter a été créé : jeuxdecritures. On a essayé de retrouver le maximum d'entre vous - auteurs, lecteurs - mais ce n'est pas toujours facile. N'hésitez pas, si vous le souhaitez, à suivre le compte de nos Jeux d'écritures !
C'est la date du 30 mars qui avait été fixée comme date butoir. Mais vous pouvez continuer à proposer des textes : le blog "Jeux d'écritures. Le blog à mille mains" a précisément été créé dans cet objectif : écrire en bénéficiant d'une vraie souplesse dans le temps.
MERCI
18:56 Publié dans Jeu n°3, Tous les jeux | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
Photo cliché
Le Voyageur
Elle: Tu la trouve belle cette fille, on ne voit que son cul?
Lui: Oui mais ce n'est pas que son cul, c'est aussi sa démarche, une attitude. Cela dénote d'un certain caractère, voire même d'une certaine sensibilité.
- C'est une photo, tu ne peux pas voir sa démarche.
- Bon, disons sa silhouette, ses cheveux aussi.
Il se tut, la longue chevelure de la fille dirigeait le regard tout droit sur son cul. Non décidément il ne s'en sortirai pas. C'est vrai qu'elle avait un beau cul, que c'était une fille mince, un peu cliché mais bon elle était super bien foutue.
- Comment pouvez vous supposer des qualités à partir d'une image, moi elle me fait plutôt penser à une conne superficielle.
- Oui mais elle est quand même bien foutue (ca y est, il l'avais dit)
- Enfin tu lâche le morceau ! tu la trouve jolie, tu ne veux pas passer pour un obsédé alors tu lui cherche des qualités.
- Non, mais une photo cela évoque toujours quelque chose.
- En plus c'est horriblement banal, tu pourrait fantasmer sur autre chose, sur une fille différente.
- C'est vrai que cela fait un peu cliché mais c'est un beau cliché, moi elle m'évoque quelque chose.
- Elle est dos, tu ne vois même pas son visage. Il est où le garçon qui me trouvais un joli sourire, qui aimait bien mon foulard si original. Moi aussi c'est mon cul qui t'intéressait ?
- Non toi c'est différent, tu n'es pas une image, tu n'es pas superficielle. J'aime parler avec toi et j'ai envie de mieux te connaître.
C'est pour cela qu'il l'avait invitée chez elle, elle s'intéressait à la photo et il avait trouvé ce prétexte pour l'inviter chez lui. Comme tout le monde il avait un ou deux bouquins de photo et il en avait rapidement récupéré sur internet. Celle-ci il l'aimait bien : en noir et blanc, cela faisait penser à des clichés d'Helmut Newton mais faits récemment par un jeune photographe, cela montrait qu'il suivait les tendances.
Il ne s'attendait pas à cette réaction.
- En fait tu es comme tous les autres, tu fantasmes sur le même modèle.
- Mais non, toi tu es différente, c'est cela qui m'a plu.
- Moi aussi je te croyais différent, il est où le jeune homme timide qui m'avait abordée dans cette expo photo ? Tu étais maladroit mais c'était charmant, on te voyait arriver avec tes gros sabots mais tu avais trouvé tu avais trouvé une approche originale, tu te jetais à l'eau. On voyait que tu n'étais pas à l'aise mais on avait pas envie de te rejeter et puis tu as continué à parler tu as dit des choses originales, sensibles, intéressantes... et là tu me montre une photo de cul !
- Faut pas exagérer elle n'est pas à poil.
- C'est vrai, ce n'est même pas une photo érotique, j'aurais préféré cela, que tu me montres des vraies photos de cul, que tu assumes ton coté.... animal.
- ...
- On a tous des fantasmes et des envie de sexe c'est normal, moi c'est la banalité de cette photo qui me met mal à l'aise. Tu peux aimer son cul mais il pourrait être mis en valeur autrement ou alors une vraie photo de cul, comme celle qu'on a vu à cette expo. Un cul pris en photo de très près, on ne voyais que le grain de sa peau, on avais envie de la toucher, de passer la main sur la photo. Il y avais le cul d'un mec aussi, un peu poilu. Tes fesses, elles sont poilues ?
Il ne s'attendait pas à cette question il chercha une réponse « originale », à ne pas refaire une gaffe, il n'eut pas le temps de répondre.
- Ce n'est pas grave, cela n'as plus d'importance à présent. Je vais y aller, ne m'en veux pas. Je suis contente de t'avoir rencontré.
Il se retrouva planté là ne sachant quoi penser. Tout cela à cause d'une photo !
Il la regarda de plus près, cette foutue photo et il ne changea pas d'avis, c'est vrai qu'elle était belle cette fille.
D'ailleurs elle lui ressemblait, il y pensait seulement maintenant. Quand elle était partie en lui tournant le dos il lui avait trouvé la même silhouette, la même longueur de cheveux, bien qu'elle les porta en queue de cheval.
Difficile à dire car elle était habillée dans un style «passe partout» avec un gros pull.
Mêmes jambes à la fois fines et musclées, cela faisait beaucoup de similitudes.
Non ce n'était pas elle ! Elle ne lui avait pas dit qu'elle était mannequin.
Quoique, elle avait dit qu'elle connaissait des gens qui travaillent dans ce milieu et que c'était très superficiel. Il avait acquiescé et avait enchainé sur la culture standardisée diffusée dans les média et la publicité.
Il agrandit un peu la photo, la scruta ; La montre ! la jolie montre qu'elle portait, celle de la fille de la photo était la même.
Elle ne répondit pas à ses messages. Il en fut triste mais pas autant qu'il le craignait.
Triste car il avais loupé une belle aventure avec cette fille magnifique.
Gai car il savait à présent que même les mannequins peuvent s'intéresser à lui, le garçon un peu complexé de ne pas ressembler aux images stéréotypées d'hommes forts aux gros bras.
Finalement cette aventure avortée eut des conséquences plutôt positives sur sa vie amoureuse.
18:55 Publié dans Jeu n°3 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
L'APPEL (How I Feel Today?)
Par Xavier
Cela faisait quelques jours qu'elle l'avait sentit arriver. Chaque année, depuis sa puberté, c’était la même chose. L’appel… Elle avait brusquement quitté la terrasse du bar où elle profitait de la douce chaleur de cette fin de soirée d’été, laissant machinalement un billet sur la petite table ronde. Le serveur allait y gagner un joli pourboire, mais l’idée d’attendre la monnaie ne l’avait pas effleuré un instant. Elle avait rapidement regagné son appartement, jeté quelques affaires dans sa valise et avait saisi son bel ensemble blanc dans l’armoire de la chambre. D’instinct, elles revêtaient toutes leur tenue la plus sexy. Il fallait se démarquer, et séduire…
L’impatience la gagnait, et le tempo des talons aiguilles claquant sur les pavés augmenta légèrement. Les claquements secs et le son continu des roulettes de sa valise formaient une sorte de rythme militaire qui emplissait sa tête, vide de toute autre pensée que le but de sa marche, comme tout soldat avançant inexorablement vers le champ de bataille. Bientôt, une autre percussionniste, froide et maquillée, viendrai se joindre à sa partition, puis une autre encore, jusqu’à ce que cette petite musique se transforme en symphonie pour talons et roulettes aux abords du point d’arrivée. Mais pour l’instant elle ne captait la présence d’aucune rivale dans les parages. Un instant, elle sortit de son état hypnotique et jeta un coup d’œil aux personnes qui flânaient, s’arrêtant parfois pour admirer les jolies vitrines des magasins chics de la rue, indifférents à l’urgence qui avait soudainement saisi tout son être. Ils n’étaient pas comme elle, et elle les envia brièvement avant que l’appel ne vienne reprendre le contrôle de ses pensées.
Souvent, il y avait du sang, des morsures, des coups… la frustration pouvait engendrer une violence incroyable chez des personnes qui n’auraient en temps normal pas fait de mal à une mouche. Et des larmes, bien sur… mais cette fois, elle serait choisie, elle en était sure… Le tempo des talons aiguille augmenta encore légèrement…
18:55 Publié dans Jeu n°3 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note







